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Couverture Diderot et le temps

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.

    « Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement  Voilà la devise des lumières. » (Kant, Réponse à la question : qu’est-ce que les Lumières ?, 1784.)

Littérature du XVIIIe siècle

CAPES de lettres 2010. Plan de cours

Pour préparer les explications de textes du XVIIIe siècle, utilisez les dictionnaires du français classique, et notamment le Dictionnaire de Trévoux, accessible en ligne

Cours

Qu’est-ce que les Lumières ?

Le roman au dix-huitième siècle

Textes à l’appui

Beaumarchais, Le Barbier de Séville, acte III, scène 4

Crébillon, Le Sopha, I, 2, Amanzei changé en sopha étudie Fatmé

Crébillon, Lettres de la Marquise, I, 2, Premier rendez-vous galant

Diderot, Discours sur la poésie dramatique, chapitre XI, « De l’intérêt »

Diderot, Encyclopédie, article JOUISSANCE

Diderot, Entretiens sur le Fils naturel, Troisième entretien

Diderot, Jacques le Fataliste, critique de l’histoire de Mme de la Pommeraye (Folio, pp. 196-200)

Diderot, Lettres à Sophie Volland, le circuit de la conversation. Mme d’Aine dans le noir

Diderot, Le Neveu de Rameau, la grande pantomime (folio p. 106-110)

Diderot, Paradoxe sur le comédien

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 125, Valmont rapporte à Mme de Merteuil sa victoire sur Mme de Tourvel

Le Sage, Gil Blas, livre II, chapitre 8, rencontre avec un homme qui trempait des croûtes de pain dans une fontaine

Marivaux, La Fausse suivante, acte II, scène 3, Trivelin rend compte à Lélio d’une scène surprise au jardin

Marivaux, La Vie de Marianne, IVe partie, Marianne demande à Valville de ne pas l’épouser

Marivaux, Les Fausses Confidences, II, 12, Araminte s’enquiert de Dorante auprès de Dubois

Montesquieu, De l’esprit des lois, livre XV

Prévost, Cleveland, livre I, le viol de dona Theresa

Richardson, Clarisse, lettre 245, le viol de Clarisse

Alain Robbe-Grillet, « Un nouveau pacte autobiographique »

Rousseau, Confessions, livre IX, Transplantation à l’Ermitage

Rousseau, Ebauches des Confessions, 1er fragment

Rousseau, Rêveries du promeneur solitaire, Quatrième promenade

Rousseau, Rousseau juge de Jean-Jacques, Deuxième dialogue

Sade, Histoire de Juliette, VIe partie

Sterne, Tristram Shandy, vol. III, chap. 36-37, déception à la lecture d’un dialogue d’Erasme sur les longs nez (pp. 339-345)

Voltaire, Zadig, Épître dédicatoire de Zadig à la sultane Shéraa

Sujets

   Charles Grivel écrit dans Production de l’intérêt romanesque : « Roman signifie exemplarisation. Le roman prouve. Il constitue un discours parabolique, illustratif, donne à souscrire à un sens. Raconter suppose la volonté d’enseigner, implique l’intention de dispenser une leçon, comme aussi celle de la rendre évidente. » (Charles GRIVEL, Production de l’intérêt romanesque, La Haye, Mouton, 1973, p. 318.)
   Vous commenterez ces propos en vous appuyant sur des exemples précis. (CAPES, 1992.)


   « Les grandes œuvres du théâtre sont toujours des œuvres subversives qui mettent en cause l’ensemble des croyances, des idées, des modèles, l’image de l’homme, d’une société et d’une civilisation. Certes, avec le temps, les histoires de la littérature effacent ce conflit ou du moins feignent de l’ignorer, pressées qu’elles sont de tranquilliser le lecteur en présentant des œuvres dans la suite apaisante d’une histoire et d’un déroulement. Mais à l’origine, toute grande œuvre, même si elle ne s’affirme pas complètement, frappe, gêne, révolte. » (Jean Duvignaud et Jean Lagoutte, Le Théâtre contemporain, Culture et contre-culture, Paris, Larousse, 1974.) (CAPES, 2006.)


   En 1974, le journal Le Monde interroge une vingtaine de personnalités sur la fonction de l’intellectuel. Dans le numéro du 15 novembre, Roland Barthes donne sa réponse : « Le procès que l’on fait périodiquement aux intellectuels [...] est un procès de magie : l’intellectuel est traité comme un sorcier pourrait l’être par une peuplade de marchands, d’hommes d’affaires et de légistes ; il est celui qui dérange des intérêts idéologiques [...]. Un tel procès peut exciter périodiquement la galerie comme tout procès de sorcier ; son risque politique ne doit pas être cependant méconnu : c’est tout simplement le fascisme, qui se donne toujours et partout pour premier objectif de liquider la classe intellectuelle.
   Les tâches de l’intellectuel sont définies par ces résistances mêmes, le lieu d’où elles partent [...] : il s’agit de décomposer l’idéologie [...], d’étudier les forces qui font bouger le monde et de faire progresser la théorie. »


   « Avec des mots si j’essaie de recomposer mon attitude d’alors, le lecteur ne sera pas dupe plus que moi. Nous savons que notre langage est incapable de rappeler même le reflet de ces états défunts, étrangers. Il en serait de même pour tout ce journal s’il devait être la notation de qui je fus. Je préciserai donc qu’il doit renseigner sur qui je suis, aujourd’hui que j’écris. Il n’est pas une recherche du temps passé, mais une œuvre d’art dont la matière-prétexte est ma vie d’autrefois. Il sera un présent fixé à l’aide du passé, non l’inverse. Qu’on sache donc que les faits furent ce que je les dis, mais l’interprétation que j’en tire c’est ce que je suis devenu. » (Jean GENET, Journal du voleur, 1949, Folio, 1982, pp. 79-80.) (CAPES, 2005.)


   « On entend tous les jours, à propos de productions littéraires, parler de la dignité de tel genre, des convenances de tel autre, des limites de celui-ci, des latitudes de celui-là: la tragédie interdit ce que le roman permet  la chanson tolère ce que l’ode défend, etc. L’auteur de ce livre a le malheur de ne rien comprendre à tout cela ; il y cherche des choses et n’y voit que des mots  il lui semble que ce qui est réellement beau et vrai est beau et vrai partout ; que ce qui est dramatique dans un roman sera dramatique sur la scène; que ce qui est lyrique dans un couplet sera lyrique dans une strophe  qu’enfin et toujours la seule distinction véritable dans les œuvres de l’esprit est celle du bon et du mauvais. » (Victor HUGO, Préface des Odes et ballades, 1826.) (CAPES, 2002.)


   « Le théâtre se définit par la relation triangulaire qu’il met en œuvre entre le personnage, l’auteur et le spectateur. De l’imaginaire à son inscription dans l’espace charnel de la scène, du champ de la mémoire collective à l’empire des signes, le chemin passe par la médiation du comédien, pris en charge à son tour par l’ordre général de la représentation : c’est là que le triangle se referme et que trouve son sens le cérémonial complexe du jeu. À la scène seulement le personnage rencontre sa matérialité, le signe sa signification et la parole son destinataire. » (R. ABIRACHED, La Crise du théâtre dans le théâtre moderne, pp. 8-9, Grasset, 1978.) (CAPES, 1983.)


   « Si le romancier veut atteindre l’objectif de son art, qui est de peindre la vie, il devra s’efforcer de rendre cette symphonie humaine où nous sommes tous engagés, où toutes les destinées se prolongent dans les autres et se compénètrent. Hélas ! il est à craindre que ceux qui cèdent à cette ambition, quel que soit leur talent ou même leur génie, n’aboutissent à un échec. Il y a je ne sais quoi de désespéré dans la tentative d’un Joyce. Je ne crois pas qu’aucun artiste réussisse jamais à surmonter la contradiction qui est inhérente à l’art du roman. D’une part, il a la prétention d’être la science de l’homme, — de l’homme, monde fourmillant qui dure et qui s’écoule, — et il ne sait qu’isoler de ce fourmillement et que fixer sous sa lentille une passion, une vertu, un vice qu’il amplifie démesurément : le père Goriot ou l’amour paternel, la cousine Bette ou la jalousie, le père Grandet ou l’avarice. D’autre part, le roman a la prétention de nous peindre la vie sociale, et il n’atteint jamais que des individus après avoir coupé la plupart des racines qui les rattachent au groupe. En un mot, dans l’individu, le romancier isole et immobilise une passion, et dans le groupe il isole et immobilise un individu. Et, ce faisant, on peut dire que ce peintre de la vie exprime le contraire de ce qu’est la vie : l’art du romancier est une faillite. » (François Mauriac, Le Romancier et ses personnages, 1933, in Œuvres romanesques et théâtrales complètes, tome II, Gallimard, Pléiade, 1979, pp. 847-848.) (CAPES, 2004.)