Utpictura18 - Diderot

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Documentaire Diderot au Salon : vérité, poésie, magie en ligne sur vimeo

Pour citer ce texte : Stéphane Lojkine, cours sur Diderot, 2006-2009.

Dissertations sur Diderot

Cours sur les Salons de Diderot

Décembre 2007

Dans « Diderot dans l’espace des peintres », Jean Starobinski écrit : « les arts sont liés, pour Diderot, à la vie du sentiment : et le sentiment n’est vraiment le sentiment que s’il est mobile, variable, porté aux excès, et traversé par toutes les nuances intermédiaires. […] L’écart majeur est celui qui s’établit entre l’attrait sensuel et la représentation du Sacré. L’imagination de Diderot se porte sans peine d’une sorte d’intérêt à l’autre. » (RMN, 1991, pp. 21-22.)

Dans quelle mesure ces propos vous paraissent s’accorder avec la pratique des premiers Salons et les théories développées dans les Essais sur la peinture ?

Décembre 2009

Dans l’article Composition de l’Encyclopédie, Diderot écrit : « On peut distinguer dans chaque action une multitude d’instants différents, entre lesquels il y aurait de la maladresse à ne pas choisir le plus intéressant ; c’est, selon la nature du sujet, ou l’instant le plus pathétique, ou le plus gai ou le plus comique ; à moins que des lois particulières à la peinture n’en ordonnent autrement ; que l’on ne regagne du côté de l’effet des couleurs, des ombres & des lumières, de la disposition générale des figures, ce que l’on perd du côté du choix de l’instant & des circonstances propres à l’action » (Vers., p. 121)

Expliquez et commentez ce « choix de l’instant » à la lumière de votre lecture des Salons.

Janvier 2010

Dans les Pensées détachées sur la peinture, Diderot écrit : « L’unité de temps est encore plus rigoureuse pour le peintre que pour le poète ; celui-là n’a qu’un instant presque indivisible.

Les instants se succèdent dans la description du poète, elle fournirait à une longue galerie de peinture. Que de sujets depuis l’instant où la fille de Jephté vient au-devant de son père jusqu’à celui où ce père cruel lui enfonce un poignard dans le sein ! » (Bouquins, p. 1024)

Dans quelle mesure cette différence dans le rapport entre temps et représentation conditionne-t-elle la composition picturale d’une part, la description des tableaux d’autre part, dans les Salons de Diderot ?

Janvier 2010, 2e sujet

Expliquez et commentez, à la lumière de votre lecture des Salons, cette remarque de Diderot dans les Pensées détachées sur la peinture :

« J’en demande pardon à Aristote ; mais c’est une critique vicieuse que de déduire des règles exclusives des ouvrages les plus parfaits, comme si les moyens de plaire n’étaient pas infinis. Il n’y a presque aucune de ces règles que le génie ne puisse enfreindre avec succès. Il est vrai que la troupe des esclaves, tout en admirant, crie au sacrilège »

Juin 2010

Dans l’article Description de l’Encyclopédie, on peut lire, sous la plume de l’abbé Mallet, la remarque suivante : « Une description au premier coup d’œil a l’air d’une définition ; elle est même convertible avec la chose décrite, mais elle ne la fait pas connoître à fond, parce qu’elle n’en renferme pas ou n’en expose pas les attributs essentiels. »

Cette remarque vous paraît-elle compatible avec la pratique diderotienne de la description dans les Salons ?

Juin 2010, 2e sujet

Dans les Pensées sur l’interprétation de la nature, Diderot écrit :

« Je regarde Suzanne ; et loin de ressentir de l’horreur pour les vieillards, peut-être ai-je désiré d’être à leur place. »

Dans quelle mesure cette remarque définit-elle plus généralement, dans les Salons, la place du spectateur ?

Cours sur « Diderot, une pensée par l’image »

Mai 2006

Opposant l’allégorie, « série progressive de moments », au symbole, « une totalité instantanée », Friedrich Creuzer affirme que dans la représentation allégorique, la représentation est distincte de l’idée qu’elle représente, extérieure à elle, tandis que dans la représentation symbolique « le concept lui-même est descendu dans le monde des corps, et c’est lui que nous voyons immédiatement dans l’image » (cité par W. Benjamin, Origine du drame baroque allemand, Flammarion, Champs, p. 177). Peut-on dire que la pensée de Diderot soit, en ce sens, une pensée symbolique ?

Vous vous appuierez, pour traiter ce sujet, sur des exemples précis, pris dans l’ensemble des œuvres de Diderot au programme : Lettre sur les sourds, Salons, Fils naturel, Paradoxe, Rêve de D’Alembert, Neveu de Rameau.

Juin 2006

Dans les Entretiens sur le Fils naturel, Diderot fait tenir à Dorval les propos suivants : « Je voudrais bien vous parler de l’accent propre à chaque passion. Mais cet accent se modifie en tant de manières ; c’est un sujet si fugitif et si délicat, que je n’en connais aucun qui fasse mieux sentir l’indigence de toutes les langues qui existent et qui ont existé. On a une juste idée de la chose ; elle est présente à la mémoire. Cherche-t-on l’expression ? on ne la trouve point. » (éd. Versini, Bouquins, p. 1146.)

Dans quelle mesure ces propos s’articulent-ils avec les idées développées par Diderot dans les œuvres au programme ?

Juin 2006

Expliquez et commentez ces propos d’Anthony Wall, qui caractérisent la pensée de Diderot et son expression : « Une transformation radicale a lieu quand la pensée quitte le siège tranquille de l’esprit pour entrer dans celui, mouvementé, du corps. […] Le corps parlant n’est pas parfaitement lisse comme celui, sourd et muet, de la sculpture classique. Par ses imperfections, chacun des corps de Diderot raconte une histoire. » (Ce corps qui parle. Pour une lecture dialogique de Denis Diderot, Montréal, XYZ, 2005, p. 44.)

Septembre 2006

Expliquez et commentez ces propos par lesquels Anthony Wall définit l’énonciation diderotienne : « Les espaces d’où parle Diderot sont à la fois réels et fictifs : un dynamisme palpable dérive de leur juxtaposition hors cadre. Un espace-temps spécial se construit sur la base d’une non-coïncidence permanente entre le moment du voir et celui de l’écrire. L’imagination de l’écrivain se met en marche dans l’intervalle séparant ces deux moments : il se rappelle ce qu’il a vu, il y pense comme à un rêve, il se voit même entrer dans le tableau. » (Ce corps qui parle. Pour une lecture dialogique de Denis Diderot, Montréal, XYZ, 2005, p. 44.)

Mai 2007

« Toute l’esthétique de Diderot repose sur l’identification de la scène théâtrale et du tableau pictural. La pièce parfaite est une succession de tableaux, c’est-à-dire une galerie, un salon : la scène offre au spectateur “autant de tableaux réels qu’il y a dans l’action de moments favorables au peintre”. Le tableau (pictural, théâtral, littéraire) est un découpage pur, aux bords nets, qui promeut à la vue tout ce qu’il fait entrer dans son champ. Le tableau est intellectuel, il veut dire quelque chose (de moral, de social). » (Roland Barthes, L’Obvie et l’obtus, « Diderot, Brecht, Eisenstein », Seuil, p. 87.)

Cette définition de l’esthétique diderotienne vous paraît-elle compatible avec sa réflexion et sa pratique de l’hiéroglyphe, de la pantomime et du rêve ?

Vous appuierez prioritairement votre discussion sur les œuvres au programme : Lettre sur les sourds, Salon de 1765 (« L’Antre de Platon »), Salon de 1767 (« Promenade Vernet »), Neveu de Rameau, Rêve de D’Alembert, Paradoxe sur le comédien.

Juin 2007

Dans quelle mesure la pensée de Diderot est-elle une pensée hiéroglyphique ?

Vous appuierez prioritairement votre discussion sur les œuvres au programme : Lettre sur les sourds (où se trouve la définition diderotienne de l’hiéroglyphe), Salon de 1765 (« L’Antre de Platon »), Salon de 1767 (« Promenade Vernet »), Neveu de Rameau, Rêve de D’Alembert, Paradoxe sur le comédien.

Juin 2007

Pour caractériser l’écriture de Diderot, Elisabeth de Fontenay écrit :

« Comment s’enchaînent ces fragments d’infini qui sont toujours en même temps mots d’esprit ? Hasard, nécessité, fécondité toute lucrétienne des cascades de déclinaisons, l’écriture de Diderot relève en quelque sorte de l’aléatoire. » (Diderot ou le matérialisme enchanté, p. 18.)

Expliquez et, surtout, discutez cette conception discursive de la pensée diderotienne, en vous appuyant sur les textes au programme.

Cours sur « Dialogue et dialogisme »

Mai 2008

Dans une lettre à Sophie Volland, Diderot écrit : « C’est une chose singulière que la conversation, surtout lorsque la compagnie est peu nombreuse. Voyez les circuits que nous avons faits ; les rêves d’un malade en délire ne sont pas plus hétéroclites. Cependant, comme il n’y a rien de décousu ni dans la tête d’un homme qui rêve, ni dans celle d’un fou, tout se tient aussi dans la conversation ; mais il serait quelque fois bien difficile de retrouver les chaînons imperceptibles qui ont attiré tant d’idées disparates. » (20 oct. 1760, CFL IV 920.)

Jacques le Fataliste et Le Neveu de Rameau vous paraissent-ils relever de la conversation telle que Diderot la définit ici ?

Juin 2008

Evoquant l’écriture dialogique de Diderot, Anthony Wall écrit : « On n’oublie jamais qu’on a affaire à un texte écrit en dépit des traits d’oralité. L’écriture du récit semble toujours venir après coup, après que le dialogue a été parlé ; le je de la narration et le je de tous les personnages s’en trouvent distingués. » (Ce corps qui parle, XYZ, 2005, p. 102.)

Expliquez et discutez ces propos à la lumière du Neveu de Rameau et de Jacques le Fataliste.