Utpictura18 - Diderot

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Documentaire Diderot au Salon : vérité, poésie, magie en ligne sur vimeo Corésus et Callirhoé : introduction
1. La scène de Fragonard
2. Dispositif de la caverne
3. Dispositif du texte
4. La scène de Diderot
5. Le travail de Fragonard
Annexe 1 : Le texte de Diderot
Annexe 2 : Le texte de Pausanias

à propos de la source de Callirhoé à Calydon...

Pausanias, Description de la Grèce, VII, 21, 1-5

Il y a aussi à cet endroit de la cité un temple de Dionysos, dit Calydonien : en effet, la statue de Dionysos y a été transférée de Calydon. Lorsque Calydon était encore habitée, entre autres Calydoniens qui furent prêtres du dieu, il y eut notamment un certain Corésus, de tous les hommes celui que les injustes souffrances de l’amour ont le plus accablé. Il était épris d’une jeune fille nommée Callirhoé. Autant Corésus avait d’amour pour Callirhoé, autant la jeune fille avait de haine pour lui. Comme, Corésus épuisant toutes les prières et les promesses de présents, le sentiment de la jeune fille ne changeait pas, il s’en va (variante : il s’assoit) comme suppliant désormais auprès de la statue de Dionysos. Celui-ci entendit les prières du prêtre, et voilà aussitôt que les Calydoniens, comme sous l’effet de l’ivresse, perdaient la raison, et que la mort succédait à leur folie. Ils ont donc recours à l’oracle de Dodone. En effet, ce sont ceux qui habitaient ce continent -- les Etoliens, leurs voisins les Acarniens, et les Epirotes -- pour qui les colombes et leurs oracles rendus depuis le chêne paraissaient comporter le plus de vérité. Alors justement, les oracles de Dodone disaient que c’était la colère de Dionysos, et qu’ils n’en seraient pas délivrés tant que Corésus n’aurait pas sacrifié à Dionysos soit Callirhoé elle-même, soit celui qui aurait le courage de mourir à sa place.

Comme la jeune fille ne se trouvait personne pour la sauver, dans un second temps elle a recours à ceux qui l’ont élevée. N’obtenant rien d’eux non plus, il ne lui restait plus qu’à être tuée. Tout ce qui avait été préconisé par Dodone pour le sacrifice étant prêt, elle fut conduite sur le chemin du temple jusqu’à l’autel. Corésus était préposé au sacrifice ; mais cédant à son amour plutôt qu’à sa colère, il se donne la mort à la place de Callirhoé. C’est ainsi qu’il fit voir, par son action, qu’il en était arrivé à l’amour le plus sincère qui soit parmi les hommes que nous connaissons. Quant à Callirhoé, quand elle vit que Corésus était mort, le sentiment de la jeune fille changea complètement ; et (c’était sa pitié pour Corésus et sa honte de tout ce qu’il avait fait pour elle qui la poussaient) elle se perça la gorge à la source qui se trouve à Calydon non loin du port. Et c’est à cause d’elle que depuis ce temps l’on appelle la source Callirhoé. (Pausanias, Description de la Grèce, VII, 21, 1-5)