Utpictura18 - Diderot

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Documentaire Diderot au Salon : vérité, poésie, magie en ligne sur vimeo

Université d’Aix-Marseille, Site Schumann
1er semestre 2012-2013
mardi de 13h à 16h : salle C236
Voir le site du département de lettres modernes…

Examens 1ère session : écrit le mercredi 9 janvier de 9h à 12h, salle S2. Il n’y a pas d’oral pour la 1ère session.

Diderot et l’art

LMDE19 - Littérature et arts - programme 2012

Vanloo, Le Sacrifice d’Iphigénie, Salon de 1757

Vanloo, Le Sacrifice d’Iphigénie, Salon de 1757

Présentation du cours

En 1759, Diderot, sollicité par son ami Grimm pour la Correspondance littéraire, entreprend de rendre compte, en journaliste, des expositions de peinture organisées par l’Académie royale tous les deux ans au Louvre. Il se prend au jeu : l’exercice devient une œuvre, où Diderot rivalise avec les peintres et jette les fondements d’une théorie de l’art.

Mais que fait Diderot au juste devant les œuvres ? Qu’entend-il par « description », qui n’est ni l’ekphrasis de la rhétotique antique, ni la description des romanciers réalistes ?

Comment Diderot juge-t-il les œuvres ? Qu’est-ce que le critère, la question de la vérité  ? Pourquoi en revient-il toujours à la poésie du sujet ? Qu’est-ce que la magie de l’art ?

A travers ces questionnements émerge toute une réflexion sur la scène de la représentation, qui vaut tout aussi bien comme scène de théâtre ou scène de roman.


Texte au programme

Diderot, Œuvres, tome IV « Esthétique - Théâtre », Laffont, Bouquins, 1996

Support de cours

Stéphane Lojkine, L’Œil révolté. Les Salons de Diderot, J. Chambon, 2007

Greuze, <i>Esquisse pour La Mère bien aimée

Greuze, Esquisse pour La Mère bien aimée



Calendrier des séances

Mardi 25 septembre 2012. Introduction. Diderot avant l’expérience des Salons. Le goût des processions. Un souvenir d’enfance : les larmes paternelles.
Étude de cas : La controverse autour du Sacrifice d’Iphigénie de Vanloo en 1757.

Mardi 2 octobre. Premières images : les allégories de La Promenade du sceptique. Toucher faute de voir : la Lettre sur les aveugles.
Étude de cas : Vanloo, Mlle Clairon en Médée, Salon de 1759, p. 194.

Mardi 9 octobre. Le geste et le hiéroglyphe poétique : la Lettre sur les sourds.
Étude de cas : Le hiéroglyphe de la femme mourante, p. 12, 44-7.

Mardi 16 octobre. L’expérience théâtrale : Le Fils naturel et Le Père de famille. Pantomime et didascalies : l’esthétique du tableau.
Étude de cas : Greuze, La Mère bien aimée, esquisses du Salon de 1765, p. 386-9.

Mardi 23 octobre. Le quatrième mur. De la poésie dramatique, chap. XI, De l’intérêt, p. 1305-1310.
Étude de cas : Lagrenée, Mercure, Hersé et Aglaure jalouse de sa sœur, Salon de 1767, p. 563-4.

Mardi 6 novembre. Approche matérialiste du tableau : la dédicace du Père de famille à la Princesse de Nassau-Saarbruck, p. 1193-1197.

Mardi 13 novembre. L’Antre de Platon. Pourquoi Diderot prétend ne pas avoir vu le Corésus et Callirhoé de Fragonard. Le modèle théâtral du rêve est un leurre. Enjeu idéologique du recours au mythe platonicien de la caverne : l’horizon politique de l'esthétique.
Voir le Salon de 1765, p. 423-431

Mardi 20 novembre. La nature morte. Sa place en bas de la hiérarchie des genres. Paradoxe de la gloire de Chardin : Chardin tapissier ; lecture de la nature morte comme une peinture d’histoire ; Diderot réévalue le technique de l’art.
Étude de cas : Chardin, Un Panier de prunes, Salon de 1765, p. 348-9.

Hubert Robert, Un Pont sous lequel on découvre les campagnes de Sabine, Salon de 1767

Hubert Robert, Un Pont sous lequel on découvre les campagnes de Sabine, Salon de 1767.

Mardi 27 novembre. Le Préambule du Salon de 1767 : théorie du modèle idéal. Comment Diderot passe de la ligne au modèle. Le détournement matérialiste de la théorie platonicienne de l’imitation.

Mardi 4 décembre. La Promenade Vernet. Ce qu'elle doit au commentaire du Corésus et Callirhoé. La notion de site remplace celle de tableau : abolition de la frontière entre la nature et la scène (le réel et la représentation), dissémination des fihures, de l'action. Supériorité du peintre sur le Créateur. Esthétique du sublime.
Étude de cas : Vernet, La Source abondante, Salon de 1767, p. 594-8.

Mardi 11 décembre. Hubert Robert, la poétique des ruines. Diderot tente une troisième fois, après ses morceaux sur Fragonard et sur Vernet, le coup de force d'une description sans tableau : cette fois il échoue. L'aporie du Voyage en Italie. Théorie de l’esquisse : anecdote du président de Brosses.
Étude de cas : Robert, Un Pont, sous lequel on découvre les campagnes de Sabine, p. 698-9.

Mardi 18 décembre. les Essais sur la peinture : ce qu'ils doivent à Testelin et à la conception académique de l’art, fondée sur le système aristotélicien des divisions et des classements, sur une logique de la figure et de l'expression. Comment Diderot court-circuite les niveaux de la représentation (de la nature, du peintre, du critique, du théoricien). Pourquoi des Essais et non le Traité annoncé. L’altération des figures. L’interposition du voile : la logique scénique se substitue à la logique des figures. Promotion du goût à la fin des Essais.

Dissertation

Devoir à rendre pour le 20 novembre 2012.

Dans La Tache aveugle, Jacqueline Lichtenstein écrit, à propos des relations entre peinture et sculpture au dix-huitième siècle :

« Voir, c’est désirer toucher. Mais le plaisir de voir demande que ce désir soit réfréné. Voir, c’est désirer s’approcher. Mais le plaisir de voir oblige à maintenir une distance. Surtout ne pas toucher. Ou toucher délicatement, toucher avec tact, c’est-à-dire du bout des yeux seulement, sans jamais entrer en contact. » (Jacqueline Lichtenstein, La Tache aveugle. Essai sur les relations de la peinture et de la sculpture à l’âge moderne, Gallimard, Nrf Essais, 2003, chap. 2, p. 75)

Dans quelle mesure ces propos vous paraissent-il s’accorder avec l’expérience esthétique de Diderot dans les Salons ?

Consignes

Devoir de 10 pages environ, 7-8 s’il est dactylographié. Respecter une marge de deux carreaux supplémentaires à gauche. Rendre sur copie double ou dans une pochette transparente.

Pour présenter un devoir dactylographié, voir ici.

Pour construire une dissertation, voir ici.

Dictionnaires

Bibliographie

Jacqueline Lichtenstein, La Tache aveugle, Essais Gallimard, 2003, chapitre 2, qui vous guidera sur les exemples à choisir dans les Salons.

Diderot, Lettre sur les aveugles, in Œuvres, Bouquins, t. 1, et notamment p. 139-152, 165-166, 173-177, 183-5.

Dans les Salons, voyez aussi le Mercure, Hersé et Aglaure de Lagrenée.

Dans les Salons et les Pensées détachées, les Suzanne et les vieillards.

A contrario, voir tout ce que Diderot écrit sur le sublime : Lettre sur les sourds, textes sur Vernet, Loutherbourg, Vien, et surtout Hubert Robert.

Utilisez les index de votre livre.