Utpictura18 - Diderot

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Documentaire Diderot au Salon : vérité, poésie, magie en ligne sur vimeo

Pour citer ce texte : Stéphane Lojkine, « Diderot et les arts », cours donné à l’université d'Aix-Marseille, sept.-déc. 2013

Diderot et les arts

LMDE19 - Littérature et arts - programme 2013

Louis-Jean-François Lagrenée, <i>Mercure, Hersé et Aglaure jalouse de sa sœur</i>, huile sur toile, 55x72 cm, 1767, musée national de Stockholm

Louis-Jean-François Lagrenée, Mercure, Hersé et Aglaure jalouse de sa sœur, huile sur toile, 55x72 cm, 1767, musée national de Stockholm

En 1759, Diderot, sollicité par son ami Grimm pour la Correspondance littéraire, entreprend de rendre compte, en journaliste, des expositions de peinture organisées par l’Académie royale tous les deux ans au Louvre. Il se prend au jeu : l’exercice devient une œuvre, où Diderot rivalise avec les peintres et jette les fondements d’une théorie de l’art.

Mais que fait Diderot au juste devant les œuvres ? Qu’entend-il par « description », qui n’est ni l’ekphrasis de la rhétorique antique, ni la description des romanciers réalistes ?

Comment Diderot juge-t-il les œuvres ? Qu’est-ce que le critère, la question de la vérité  ? Pourquoi en revient-il toujours à la poésie du sujet ? Qu’est-ce que la magie de l’art ?

L’expérience des Salons suit immédiatement une expérience théâtrale que Diderot a ressentie comme un échec : Le Fils naturel (1757) n’a pas pu être joué à la Comédie-Française ; Le Père de famille (1758) aura bien du mal à s’imposer, avant de connaître une carrière européenne. Or ces deux pièces ont fourni à Diderot matière à une importante réflexion théorique sur la scène, qui se prolonge, après la grande période des Salons, dans le Paradoxe sur le comédien (1773).

Du théâtre à la peinture, de la peinture au théâtre, émerge toute une réflexion sur la scène de la représentation, que ce cours se propose d’étudier.


Séances du mercredi, 14h-16h, salle C236

11 septembre. Introduction à Diderot et aux Salons

18 septembre. La Suzanne de Vanloo (p. 298-300)

25 septembre. Lagrenée, Mercure, Hersé et Aglaure (p. 563-564)

2 octobre. Fragonard, Corésus et Callirhoé (p. 423-431)

9 octobre. Greuze, L’Accordée de village (p. 232-235)

16 octobre. Greuze, La jeune fille qui pleure son oiseau mort (p. 381-384)

23 octobre. Leprince, Le Baptême russe (p. 413-415)

6 novembre. L’article Loutherbourg du Salon de 1765 (p. 398-405)
Devoir à rendre pour le 6 novembre : Deshays, La Résurrection de Lazare, Salon de 1761 (p. 260-262)

13 novembre. La Promenade Vernet (p. 594-635)

20 novembre. L’article Robert du Salon de 1767 (p. 693-722)

4 décembre. Chardin

11 décembre. Louis-Michel Vanloo, Portrait de Diderot (p. 531-533)

18 décembre. Dissertation

Dans La Tache aveugle, Jacqueline Lichtenstein écrit, à propos des relations entre peinture et sculpture au dix-huitième siècle :

« Voir, c’est désirer toucher. Mais le plaisir de voir demande que ce désir soit réfréné. Voir, c’est désirer s'approcher. Mais le plaisir de voir oblige à maintenir une distance. Surtout ne pas toucher. Ou toucher délicatement, toucher avec tact, c’est-à-dire du bout des yeux seulement, sans jamais entrer en contact. » (Jacqueline Lichtenstein, La tache aveugle. Essai sur les relations de la peinture et de la sculpture à l’âge moderne, Gallimard, Nrf Essais, 2003, chap. 2, p. 75)
Dans quelle mesure ces propos vous paraissent-il s’accorder avec l’expérience esthétique de Diderot dans les Salons ?

Bibliographie pour la dissertation :

Jacqueline Lichtenstein, La Tache aveugle. Essai sur les relations de la peinture et de la sculpture à l’âge moderne, Gallimard, Nrf Essais, 2003, chap. 2, qui vous guidera notamment sur les exemples à choisir dans les Salons.

Diderot, Lettre sur les aveugles, in Œuvres, Bouquins, t. 1, et notamment p. 139-152, 165-166, 173-177, 183-5.

Dans les Salons, voyez le Mercure, Hersé et Aglaure de Lagrenée, p. 563-4, et l'article qui lui est consacré.

Dans les Salons et les Pensées détachées, les Suzanne et les vieillards. Voir également ici.

La Lettre sur les sourds (le geste sublime, p. 17-18)

Le Crucifix de Roland de la Porte, p. 228.

Restout, L’Evanouissement d’Esther, p. 242-3.

Pygmalion et Galatée de Falconet, p. 286-7 (voir également Condillac, Traité des sensations)

Greuze, La Mère bien aimée, p. 389 ; Septime Sévère et Caracalla, p. 866-7

Promenade Vernet, p. 598-602 (le tourbillon de poussière)