- Utpictura18 Critique et théorie

Utpictura18 - Critique et théorie

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5 octobre 2013 : Exposition Le Goût de Diderot au Musée Fabre à Montpellier


~  Théorie des dispositifs  ~
Exercice n° 1
Stéphane Lojkine, UE ESAV 50 IT (Méthodologie M2) :
« Dispositifs fictionnels. Desperate housewives / Clarisse ». Mercredi 30 janvier 2008.
Rédigez votre devoir, sans abréviations, avec des phrases complètes et correctes.



Question 1 : Mme Huber découvre le cadavre de Mary Alice. Analysez le dispositif de cette scène : écran, espace restreint, objet scénique, espace vague. Définissez chacune de ces notions. En quoi et pourquoi le dispositif est-il inversé par rapport au dispositif théâtral classique ?


Question 2 : Pendant que cette image apparaît à l’écran, une voix off déclare que « Bree van de Kamp s’occupe seule du jardinage et refait ses fauteuils sans l’aide de personne. Oui, Bree a de nombreux talents connus dans le voisinage, et tous les habitants de Wisteria Lane voient en elle une mère et une épouse parfaite. » Analysez le jeu entre le texte et l’image. En quoi est-il caractéristique d’une logique scénique ?



Question 3 : Gabrielle Solis parle à son mari Carlos pendant que John Rowland, le jardinier, taille la haie. Analysez l’écran et dégagez le dédoublement symbolique dans cette scène.

Clarisse, trad. Prévost, éd. Londres, Nourse, 1751, in-12°.

Question 4 : Analysez la gravure ci-dessus. Que signifient les inscriptions placées au-dessous, « Eisen inv » et « Beauvais F » ? Situez la scène et dégagez le dispositif mis en œuvre par le dessinateur (écrans, espace restreint, espaces vagues). Pourquoi cet angle de mur aigu ? Quelle contradiction le dessinateur a-t-il cherché à résoudre ?

Question 5 : Analysez le texte suivant.
« Votre confiance, M. Lovelace, va trop loin pour un traître. Vous l’avez placée dans un vil domestique, qui peut vous donner de faux avis, pour vous faire payer la corruption plus cher. Vous ne savez pas quelles sont mes ressources.
    J’avois mis enfin la clé dans la serrure, lorsque se levant d’un air effrayé, et laissant comme échapper une exclamation assez forte ; ils sont à la porte, me dit-il brusquement ; ne les entendez-vous pas, ma chère âme ? Et portant la main sur la clé, il la tourna quelques momens, comme s’il eût voulu la fermer à double tour. Aussitôt une voix se fit entendre, avec plusieurs coups violens contre la porte, qui me parurent capables de l’enfoncer. Vite, vite, entendis-je prononcer plusieurs fois. A moi, à moi, ils sont ici ; ils sont ensemble : vite, des pistolets, des fusils. Les coups continuoient en même tems contre la porte. De son côté, il avoit tiré fièrement son épée, qu’il mit nue sous son bras ; et prenant mes deux mains tremblantes dans la sienne, il me tira de toute sa force après lui. Fuyez, fuyez, hâtez-vous, chère Clarisse ; vous n’avez qu’un instant pour fuir, votre frère, vos oncles, ce Solmes peut-être... Ils auront forcé la porte en un moment. Fuyez, ma très chère vie, si vous ne voulez pas être traitée plus cruellement que jamais... si vous ne voulez pas voir commettre à vos pieds deux ou trois meurtres. Fuyez, fuyez, je vous en conjure !
    Ô Dieu ! s’écria la pauvre insensée ; au secours, au secours ; dans un effroi, dans une confusion qui ne lui permettoient de s’opposer à rien. Mes yeux se tournoient en même tems autour de moi, devant, derrière, attendant d’un côté un frère et des oncles furieux, des domestiques armés de l’autre, peut-être un père étincellant de fureur, plus terrible que l’épée même que je voyois nue, et que toutes celles que j’appréhendois. Je courois aussi vite que mon guide ou mon ravisseur, sans m’appercevoir de ma course. Le transport de ma crainte donnoit des ailes à mes pieds, en m’ôtant le pouvoir de la réflexion. Je n’aurois distingué, ni les lieux, ni les chemins, si je n’eusse été tirée continuellement avec la même force ; surtout lorsque ne cessant point de tourner la tête, j’apperçus un homme, qui devoit être sorti par la porte du jardin, et qui nous suivoit des yeux, en s’agitant beaucoup, et paroissant en appeller d’autres, que l’angle d’un mur m’empêchoit de voir, mais que mon imagination me faisoit prendre pour mon père, mon frère, mes oncles et tous les domestiques de la maison.
    Dans cet excès de frayeur, je perdis bientôt de vue la porte du jardin. Alors, quoique tous deux hors d’haleine, Lovelace prit mon bras sous le sien, son épée nue dans l’autre main, et me fit courir encore plus vite. Ma voix néanmoins contredisoit mon action. Je ne cessai pas de crier, non, non, non, et de m’agiter, et de tourner la tête aussi longtems que je pus voir les murs du jardin et du parc. Enfin j’arrivai au carrosse de son oncle, qui étoit escorté par quatre hommes à cheval. »
(Lettres angloises, ou histoire de Miss Clarisse Harlove, lettre 91.)