Utpictura18

Couverture Diderot et le temps

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p. Les dix commandements sacrés de la dissertation littéraire

Dans cette page vous trouverez des conseils pratiques pour préparer votre dissertation

Les dix commandements sacrés de la dissertation littéraire

Stéphane Lojkine

1. Le sujet

Repérer dans le sujet les mots clefs et les idées essentielles. Lorsque le sujet comporte plus de 3-4 lignes, décomposez le logiquement (A => B, ou A / B, ou A / / B…).

2. Préparation des exemples

Lire les textes au programme. Annoter le texte au crayon, sélectionner les passages qui pourraient illustrer le sujet et alimenter la discussion. Préparer une liste d’exemples. Cette liste est très importante : c’est ce qui vous servira le plus le jour de l’examen. Un exemple, c’est un passage, qu’on sait introduire (en racontant ce qu’il y avait avant), expliquer ou résumer, et commenter.

3. Utilisation du cours

Même travail d’annotation. Le cours prend des exemples et les analyse. Il est naturel que ces exemples se retrouvent dans votre dissertation. Mais un devoir qui ne contiendrait que des exemples du cours serait lourdement pénalisé. Il est indispensable que vous vous fabriquiez vos propres exemples.

4. Construction logique du plan

Préparer le plan de la dissertation. Je vous donne le canevas type, qu’il faut toujours avoir en tête. Ce qui suit n’est que de la logique :

Le plan d’un devoir, doit d’abord mettre en évidence la thèse du sujet. Quelle est la position que prend l’auteur du sujet ? En quoi s’oppose-t-elle à d’autres positions critiques, plus anciennes ou plus récentes, procédant d’écoles ou d’idéologies différentes ? La première partie doit contenir beaucoup de petits exemples, peu développés, mais variés, qui montreront que vous avez bien lu les textes au programme.

Derrière la thèse, il y a donc des présupposés, des écoles critiques différentes qui amènent les critiques littéraires à prendre des positions différentes sur un sujet donné. La mise en évidence de ces présupposés, ou de l’hypothèse du sujet, constituera une deuxième partie. Cette deuxième partie ne contiendra que quelques exemples pris dans les textes au programme, mais très développés, car il s’agira de montrer comment ces exemples peuvent être lus différemment, selon l’hypothèse. On critiquera donc non pas la thèse du sujet, mais l’hypothèse.

Enfin, il faut toujours finir par sauver le sujet. Peut-être l’hypothèse du critique est-elle contestable, ou ne fait-elle pas l’unanimité, mais le phénomène qu’il met en évidence est incontestable : il s’agit alors de proposer une autre hypothèse qui rende compte du phénomène décrit et vérifié par les exemples de la première partie. Cette hypothèse, comme par hasard, se trouvera dans votre cours... On peut ajouter de nouveaux exemples dans la 3e partie, mais on peut aussi reprendre certains exemples de la 1ère, ce qui est à tous points de vue beaucoup plus économique !

5. Intégration des exemples dans le plan

Rien n’est plus difficile qu’un plan de dissertation. Il faut donc y passer beaucoup de temps. A la maison, comptez au moins deux bonnes après-midi, ou trois soirs. Il faut être prévoyant : si votre plan est raté, s’il n’est pas compris ou accepté par le correcteur, comment éviter malgré tout une catastrophe ? Par les exemples. Les exemples, quand ils sont bons et nombreux, sauvent toujours un devoir. C’est pourquoi, au brouillon, votre plan ne doit pas contenir seulement des idées, mais des exemples concrets, avec des numéros de page, des titres d’œuvres, des mots du texte : concrètement, vous reprenez la liste préparée à l’étape n°3 et vous distribuez les exemples dans le plan. Prévoyez de citer les textes au programme (de vraies citations, entre guillemets) : citez brièvement, mais souvent. La 1ère citation doit arriver impérativement avant la fin de la deuxième page du devoir.

6. L’introduction

Quand les exemples et le plan sont prêts, rédigez l’introduction au brouillon. Faites ce travail très soigneusement. Quand le correcteur a fini de lire l’introduction, il s’est déjà formé une première opinion sur le devoir, et s’est fixé une fourchette pour le noter. Mieux vaut partir avec une fourchette haute ! L’introduction est très codifiée : une phrase de vous, ou une citation prise dans les textes au programme, introduit le sujet. Si le sujet est court (1-2 lignes), il faut le citer intégralement. S’il est long, il faut le résumer en faisant apparaître, entre guillemets, les expressions clefs. Le nom du critique, lorsqu’il est connu, doit apparaître. On écrit simplement « Prénom Nom », et non « le critique Prénom Nom ». Ensuite, on annonce la problématique, sous la forme d’un paradoxe (en apparence... en réalité...) ou d’une contradiction (à la fois... et au contraire). Puis vient le plan (Dans un premier temps nous montrerons comment…).

Dans une interrogative indirecte, il n’y a pas d’inversion du sujet (« nous nous demanderons comment le romancier envisage » et non « envisage-t-il »). La troisième partie doit être annoncée avec prudence, car vous n’aurez peut-être pas le temps de la traiter, ou de la traiter aussi longuement que prévu (« nous tenterons de », « nous esquisserons », « nous nous interrogerons si »).

Recommencez votre introduction au moins deux fois. Il est impossible que le premier jet soit bon, sauf si vous êtes Mozart, et encore.

La taille d’une introduction est d’une demie à trois quarts de page.

7. Le matériel du combattant

Une fois l’introduction rédigée au brouillon, prenez trois copies doubles grand format. Trois, ni plus, ni moins. Copies doubles impérativement et si possible à grands carreaux. Prévoir, à gauche uniquement, une marge de deux carreaux en plus de la marge standard prévue. La présentation matérielle d’un devoir doit être la plus standard possible : c’est dans l’idée, dans le contenu qu’il faut rechercher l’originalité.

8. La rédaction

Après avoir recopié votre introduction, sautez une ligne et rédigez le développement (les parties) directement au propre. Brouillon interdit, sinon vous perdrez tous vos moyens le jour de l’examen sur table. À la fin de la première copie double correspond, à une demie page près, la fin de la première partie, idem pour la seconde copie. La troisième copie est rarement complètement remplie. La taille idéale d’un devoir, c’est 10 pages. Au-delà de 12 pages, vous ne serez pas lu.

9. Les citations

Chaque citation doit être introduite (situation du texte en une phrase), référencée (parenthèse avec un numéro de page, précédé éventuellement d’un titre d’œuvre abrégé, si ce n’est pas clair par le contexte) et commentée. Pour chaque citation, ces trois choses, introduction, référence, commentaire, sont OBLIGATOIRES.

10. La conclusion

A la fin du devoir, une conclusion, même brève, est indispensable. La conclusion ne résume pas l’ensemble du devoir. Elle dit à quelle idée, à quelle position vous êtes finalement arrivé. La conclusion doit montrer le trajet que le devoir a fait : « nous étions partis de l’idée que... » -> « nous en sommes venus à l’idée que... »

Bon travail... !

N’hésitez pas à m’écrire pour me dire vos difficultés. Soyez en ce cas, dans votre intérêt, très concrets et pratique, et n’ayez jamais peur de paraître ridicule : quel que soit votre problème, j’en ai vu d’autres ! D’expérience, les questions les plus idiotes en apparence ne sont jamais posées par des étudiants idiots.