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Couverture Diderot et le temps

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.
Du moyen âge au dix-huitième siècle : enjeux
Pourquoi l’image avec le texte ?
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Formes et fonctions de l’écran dans la peinture d’histoire (XVIe-XIXe siècles)

Le tabernacle
L’Écran
Les Salons
La Scène de roman
L’Arioste
La Chambre
    Depuis l’invention de la perspective jusqu’à l’essor de la photographie, la peinture dite d’histoire constitue le genre roi. La peinture d’histoire représente nécessairement une scène. Elle récupère la bipartition de l’espace imposée au moyen âge par le modèle du tabernacle. L’écran gère cette bipartition.
    Le meilleur exemple de scène à écran est fourni par l’histoire de Suzanne. Les tableaux, fresques, gravures représentant Suzanne et les vieillards connaissent à partir de la Renaissance un essor et un succès considérables, qu’on ne peut imputer à la seule valeur morale d’une anecdote extraite d’un texte secondaire, un supplément grec apocryphe de la Bible. C’est le dispositif des vieillards regardant par effraction Suzanne nue avant tout qui séduit le public et entre en phase avec le modèle sémiologique désormais dominant.     Le Festin de Balthasar exige du peintre la repésentation d’un écran directement lié à l’origine médiévale et biblique de ce modèle sémiologique classique : le mur sur lequel une main mystérieuse inscrit les formules incompréhensibles que seul Daniel saura déchiffrer consitue un écran non d’interception mais de projection. Rembrandt tire parti de cette différence et superpose, dans le tableau de la National Gallery de Londres, le manteau écran de Balthazar et le mur écran de l’inscription.
    Il existe enfin une troisième fonction de l’écran, qui va se développer surtout à partir du dix-huitième siècle : c’est l’écran liaison, l’écran continuum. La chair, le toucher constituent l’écran, et abolissent la différence entre personnages de la scène et circonscription de la scène. L’écran continuum trouve son origine dans les scènes de bacchanale, qui se développent dès la Renaissance, à la fois en Italie (modèle idéalisant) et dans les Flandres (détournement grotesque).

Voir l’article ÉCRAN, dans la rubrique « Notions théoriques ».
Voir également S. Lojkine, Image et subversion, chapitre 3.