Utpictura18 - Fiction

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
5 octobre 2013 : Exposition Le Goût de Diderot au Musée Fabre à Montpellier

Autres séminaires : voir le site du département de lettres modernes
Programme 2012-2013
Programme 2010-2011
Programme 2009-2010

Séminaires de littérature ancienne

Présentation et programme des séances 2011-2012

Les séminaires « Polémiques » et « Ruses de la fiction » se tiennent par alternance à l’université de Provence, Centre Schumann, le mercredi de 16h à 19h, salle C137, et à partir du 21 février le mardi, même heure, en salle C241.

Les semeurs de discorde coupés en morceaux, dessin de S. Botticelli pour l'<i>Enfer</i> de Dante, chant XXVIII, 1480-1495

Les semeurs de discorde coupés en morceaux, dessin de S. Botticelli pour l'Enfer de Dante, chant XXVIII, 1480-1495

Polémiques, controverses et autres querelles de mots, d’idées et de textes, du moyen âge aux Lumières

Présentation du séminaire

Aucun siècle n’est épargné par ces « guerres de tous contre tous » (Hobbes), petites ou grandes, allant de la discussion argumentée au coup de force, de l’insinuation à la semonce, et prenant la forme de libelles, pamphlets, factums, estampes satiriques… Parmi elles, les Mazarinades offrent, de harangues en triolets, de manifestes en dialogues, de catéchismes en récits burlesques, une palette quasi infinie de réécritures parodiques.

Point de polémique sans une dualité de discours opposés, un échange plus ou moins aléatoire de discours et de contre discours : on vise parfois quelqu’un d’autre que la cible avancée, on touche parfois quelqu’un d’autre que la cible visée, on devient parfois la victime de ce que l’on a soi-même lancé. Nécessairement polyphonique, mêlant les voix de l’auteur, du locuteur, des partis, du public, la polémique emprunte des tonalités diverses (du pathétique au grotesque), recourt à des émotions variés (de l’indignation à la compassion), vise les effets les plus contrastés (de la soumission à la révolte). Elle devient même parfois autoréflexive et s’autonomise en genre.

On peut étudier ces textes polémiques sociologiquement et économiquement à travers leurs processus de production, de diffusion, de réception. On peut les étudier historiquement par rapport aux contextes politiques ou idéologiques dans lesquels ils apparaissent, pour montrer comment ils reflètent et façonnent l’opinion d’une époque donnée. On peut les étudier épistémologiquement en fonction de leur capacité à donner forme à des débats philosophiques ou religieux, à les figer, les faire évoluer ou les déplacer. On peut les étudier structurellement en fonction des composantes rhétoriques, argumentatives, agonistiques qui les dynamisent, mais aussi en fonction des topiques, des symboles qu’ils mobilisent. On peut les étudier esthétiquement en fonction des types de textes, de langages, de styles ou d’écritures qui leur servent de modes d’expression et des effets sublimes ou grotesques, tragiques ou comiques que ceux-ci produisent.

La controverse est à la fois débat d’idées et rhétorique offensive. Dès lors qu’on considère la rhétorique comme autre chose qu’un simple moyen de faire passer des idées, ou d’enfoncer l’adversaire, c’est le rapport entre elle et le débat d’idées qui nous fait réfléchir. Que disent, par rapport au problème idéologique, les stratégies de discours adoptées dans les textes de controverse ?

Calendrier des séances

28 septembre. Pierre Ronzeaud. Les Mazarinades

5 octobre. Jean-Raymond Fanlo. Le Reveille-matin des François et de leurs voisins : un pamphlet politique après la Saint-Barthélémy

19 octobre. Michèle Gally, « Les dits polémiques de Rutebeuf. Un jongleur dans son temps »

(Toussaint)

9 novembre. Stéphane Lojkine, « la polémique comme monde dans Le Neveu de Rameau »
Clémence Nicolle, « La querelle d'Horace et la querelle du Cid »

23 novembre. Bérengère. Parmentier, « Débats sur les règles au théâtre »
Pierre Lanfranchi, « La Querelle d’Alceste. Quinault, entre tragédie classique et tragédie lyrique. »

7 décembre. Séance exceptionnelle à la bibliothèque Méjanes. Aurélie Bosc, directrice adjointe au patrimoine et à la conservation, présentera le fonds des Mazarinades conservées à la Bibliothèque. Bibliothèque Méjanes, Cité du livre, 8-10 rue des Allumettes. RV à 16h à l’Accueil de la Méjanes. La séance se déroulera dans l’auditorium, à gauche et 1ère à gauche depuis l’entrée de la bibliothèque.

(Noël. Les étudiants de M1 doivent avoir présenté leur exposé avant cette date)

4 janvier. Daniel Martin, « Fictionalisation de la polémique : Hélisenne de Crenne »
Florian Garcia et Jonathan Petitot, « La ruse dans le badinage amoureux »

18 janvier. Stéphane Lojkine, « Voltaire polémiste : enjeux politiques et réception de l’Essai sur les mœurs »

1er février. Geneviève Goubier, « Rousseau polémiste »

15 février. Michèle Gally, « Le débat autour du Roman de la Rose : un auteur doit-il être moral ? »

(Vacances d’hiver)

mardi 13 mars. INVITÉ

mardi 27 mars. Pas de séance

mardi 10 avril. Querelles poétiques. 1. Jean-Raymond Fanlo. Ronsard contre les Calvinistes. 2. Pierre Ronzeaud. La querelle Malherbe / Régnier et ses prolongements

(Vacances de Pâques)

Le Corbeau et le Renard, illustration de F. Chauveau pour les <i>Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine</i>, Paris, Denys Thierry, 1668

Le Corbeau et le Renard, illustration de F. Chauveau pour les Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, Paris, Denys Thierry, 1668

Ruses de la fiction

Présentation du séminaire

La fiction fait semblant. La ruse aussi. Elle imagine des scénarios, des déguisements, des discours, des leurres. Pour peu qu’’on y croie ou qu’’on s’y fasse prendre, elle fait du roman. C’est la métis des Grecs, avec toute sa finesse et son ambition politiques, la ruse de Goupil, la beffa de Boccace, qui fonde le genre de la nouvelle en Italie, la burla de Cervantès, qui jette les bases du roman moderne, l’inganno de la vieille Gabrine dans l’Arioste, la mystification érigée par Diderot en système de la fiction : des histoires de gens qui jouent, de vengeances, d’’épouses mal mariées cocufiant leur barbon, de tricheurs, de roués et de libertins, d’’amateurs de comédies pour rire qui piègent les fous à leur propre folie, de fous qui piègent le monde à leurs propres illusions, de sages qui savent que nos pensées, c’’est ce qu’’on feint. Des histoires mises en scène, dans tous les cas, et réfléchissant par là le jeu de la fiction en son sein. Des stratégies aussi, où se joue parfois l’avenir d’une nation.

Car la ruse ne se satisfait jamais du niveau de représentation auquel on voudrait l’assigner : ruse de théâtre ou de cour, ruse au champ de bataille ou dans le récit, elle est aussi la vie qui ruse et joue à la fiction ; scène feinte et invention sur le vif, théâtre improvisé et théâtre institué, elle fait tableau et elle est le roman, elle se calcule et se fantasme.

Nous nous intéresserons à cette fiction-là qui n’est pas celle, poétiquement réglée, d’un Aristote ou, herméneutiquement interprétable, d’un Ricœur, fiction sérieuse revendiquant une fonction idéologique exemplaire, vertueuse, édifiante, philosophique.

Le séminaire se proposera d’examiner, du moyen âge au dix-huitième siècle, quelques avatars de la ruse dans les scénarios, les scènes tragiques ou comiques qu’elle organise, les récits qu’elle dispose, les politiques qu’elle conduit. La ruse n’est pas pure tromperie : par ce qu’elle dissimule, elle fait voir ; par la crédulité, la naïveté qu’elle présuppose, elle donne à penser.

Calendrier des séances

21 septembre. Stéphane Lojkine, « La ruse comme dispositif de la fiction : l’Arioste, Diderot, Casanova »

12 octobre. Michèle Gally, « Renart, maître es ruses : un personnage, un discours, une écriture »

26 octobre. Jean-Raymond Fanlo, « Les ruses de Dieu, les ruses du diable, les ruses de la fiction, du théâtre tragique à Cervantès en passant par Jean Wyer »

(Toussaint)

16 novembre. Séance commune avec le séminaire « Actualité de la recherche » d'Histoire de l’art (Marie-Pauline Martin). Exceptionnellement, la séance aura lieu au Salon bleu (C232). Interventions de Jan Blanc (université de Genève), sur les écrits esthétiques de Reynolds, et de Stéphane Lojkine, sur la description dans les Salons de Diderot

30 novembre. Daniel Martin, « Ruses de la fiction brève »

14 décembre. Michèle Gally, « Pathelin ou le vertige du langage »
Yasmina Anamoutou, « La ruse dans Le Chat Botté et Le Petit Poucet »

(Noël. Il faut avoir fait passer les étudiants de M1 avant Noël)

11 janvier. Pierre Ronzeaud, « La ruse au théâtre : autour de Mithridate »
Michèle Gally, « Amour et polémique : disputes lyriques au XIIIe siècle »

25 janvier. Sylvie Requemora, « Écriture et représentation de la ruse comique dans les œuvres de Regnard (récits et théâtre) »
Blandine Questaigne, « Les ruses de Figaro »

8 février. Stéphane Lojkine, « Duplicité libertine du discours de séduction : Crébillon, Laclos, Sade »
Valentine Damay-Vissuzaine, « Les ruses de Jacob dans Le Paysan parvenu »

mardi 21 février. Geneviève Goubier, « De quelques travestissements dans le roman des Lumières (Louvet, Baculard) »
Gérald Vasson, « Le renard chez La Fontaine »

(Vacances d’hiver)

mardi 20 mars. Daniel Martin, « Ruses rabelaisiennes »

mardi 3 avril. Pierre Ronzeaud, « La ruse dans les récits de complots et de conjurations (Récits historiques, Mémoires) »
Mathilde Bedel, « Ruses et politique dans le récit de voyage aux Indes de François Bernier : Mémoires du sieur Bernier sur l’Empire du Grand Mogol, 1670-1671 »

mardi 17 avril. Michèle Gally, « Stratégies de conquête amoureuse et construction du récit, de Flamenca aux Cent nouvelles nouvelles
Claudia Sutkovic, « La ruse dans Le Roman de Silence »
Valérie Laudo, « La ruse des femmes dans les fabliaux face à la misogynie masculine »

(Vacances de Pâques)

Journée d’étude

16 mai. Journée Polémique, à l’attention des étudiants de M2-Doctorat

Validation du séminaire

Choix d'un enseignant référent pour la validation de ce séminaire en M1 ou en M2

Les étudiants qui ont besoin de valider le séminaire par un exposé peuvent prendre contact avec un des enseignants suivants :

  • Michèle Gally
  • Daniel Martin
  • Jean-Raymond Fanlo
  • Sylvie Requemora-Gros
  • Bérengère Parmentier
  • Pierre Ronzeaud
  • Geneviève Goubier
  • Stéphane Lojkine
  • Quelques rappels pratiques

    L’exposé dure une vingtaine de minutes, se place en début de séance, et est suivi d’une petite discussion-reprise. Les étudiants qui n’auraient pas pu, notamment pour des raisons professionnelles, faire leur exposé dans l’année, auront la possibilité de remettre un devoir écrit d’une quinzaine de pages, dont le sujet aura été concerté avec l’un d’entre nous. Le séminaire est une UE de 1er semestre, même s’il se tient tout au long de l’année. Il est vivement conseillé aux étudiants de M1 et aux étudiants boursiers de faire leur exposé avant la mi-janvier, afin que leur UE puisse être validée en 1ère session.

    Important : L’un de vos deux séminaires de recherche du 1er semestre doit être validé par un travail écrit, dit mini-mémoire, ou mémoire secondaire. Ce travail peut-être dirigé par n'importe quel enseignant chercheur du département de lettres modernes, indépendamment du séminaire validé.