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Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.
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La calomnie d’Apelles - Botticelli
La calomnie d’Apelles - Botticelli Auteur : Botticelli, Sandro (1444 ou 1445-1510)

Datation : 1495   (date conjecturale)

Source textuelle : Lucien de Samosate (125-192) LIX, Qu’il ne faut pas croire légèrement à la délation

Sujet de l’image : Sujet allégorique. La Calomnie
Dispositif : Présentation, hommage, conseil

Nature de l’image : Peinture sur bois
Technique utilisée : Détrempe sur bois
Dimensions :  Hauteur 62 * Largeur 91 cm

Lieu de conservation : Florence, Musée des Offices

Bibliographie : Barbara Deimling, Sandro Botticelli, Cologne, Taschen, 1994, p. 72
Notice n° A0039   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : La Calomnie (Dialogues platoniciens de Maxime de Tyr) - Ambrosius Holbein // Poliphile et Polia chassés du Temple (S. de Poliphile 1546, F°145v°) - J. Goujon // La calomnie - Pieter Bruegel l’Ancien

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
2. C’est la dernière œuvre de Botticelli sur un sujet profane. Botticelli s’inspire d’une peinture perdue réalisée par Apelles et décrite par Lucien (Voir LUCIEN DE SAMOSATE. La diablerie d’Apelles, c’est-à-dire la calomnie. composée en grec par Lucien et depuis traduite en français par Antoine CRAPPIER. Lyon : Claude Marchand, 1551). Cette description est considérée par Alberti dans le De pictura comme l’idéal de la composition picturale (1435, livre III, §53, éd. Macula p. 213) . Botticelli aurait-il représenté (avant sa conversion) Savonarole, dont les prêches calomnieux précipitèrent la révolution à Florence ? 3. Dürer a également proposé sa version du tableau d’Apelles décrit par Lucien (dessin de 15x44 cm, 1522, Vienne, Albertina). Voici l’extrait du traité de Lucien où il est question d’Apelles : « On a vu mille amitiés brisées, mille maisons renversées par ces délations colorées d’apparence. §2. Afin de nous garder d’y tomber, je veux, dans ce discours, retracer, comme dans un tableau, ce que c’est que la délation, avec sa cause et ses effets. Longtemps avant moi, Apelle d’Éphèse a dessiné cette image : il s’est vu lui-même calomnié auprès de Ptolémée, comme complice de la conjuration tramée à Tyr par Théodotas. Apelle n’avait jamais vu Tyr ; il ignorait absolument quel était ce Théodotas ; il avait seulement entendu dire que c’était un lieutenant de Ptolémée, auquel ce prince avait confié le gouvernement de la Phénicie. Cependant un de ses rivaux, nommé Antiphile, jaloux de sa faveur auprès du roi et envieux de son talent, le dénonça à Ptolémée comme ayant trempé dans le complot, prétendant qu’on avait vu Apelle en Phénicie à table avec Théodotas, et lui parlant à l’oreille durant tout le repas. Enfin il affirma que la révolte de Tyr et la prise de Péluse étaient le fruit des conseils d’Apelle. §3. Ptolémée, homme d’une pénétration peu clairvoyante, mais nourri dans la flatterie des cours, se laisse emporter et troubler par cette calomnie absurde, et, sans réfléchir à son invraisemblance, sans faire attention que l’accusateur est un rival, qu’un peintre est trop peu de chose pour entrer dans une pareille trahison, surtout un peintre comblé de ses bienfaits, honoré par lui plus que tous ses confrères, sans s’informer enfin si jamais Apelle a fait voile pour Tyr, Ptolémée, dis-je, s’abandonne à sa fureur, remplit son palais de ses cris, et traite Apelle d’ingrat, de conspirateur, de traître. Peut-être même, si l’un des conjurés, arrêtés pour cette révolte, indigné de l’impudence d’Antiphile et touché de compassion pour le malheureux Apelle, n’eût déclaré que celui-ci n’avait pris aucune part à leur complot, peut-être ce grand peintre aurait-il eu la tête tranchée, victime des maux arrivés à Tyr et qui ne lui étaient point imputables. §4. Ptolémée reconnut son erreur, et il en éprouva, dit-on, de si vifs regrets, qu’il donna cent talents à Apelle et lui livra Antiphile pour qu’il en fît son esclave. Apelle, l’imagination pleine du danger qu’il avait couru, se vengea de la délation par le tableau que je vais décrire. §5. Sur la droite est assis un homme qui porte de longues oreilles, dans le genre de celles de Midas : il tend de loin la main à la Délation qui s’avance. Près de lui sont deux femmes, l’Ignorance sans doute et la Suspicion. De l’autre côté on voit la Délation approcher sous la forme d’une femme divinement belle, mais la figure enflammée, émue, et comme transportée de colère et de fureur. De la gauche elle tient une torche ardente ; de l’autre elle traîne par les cheveux un jeune homme qui lève les mains vers le ciel et semble prendre les dieux à témoin. Il est conduit par un homme pâle, hideux, au regard pénétrant ; on dirait d’un homme amaigri par une longue maladie. C’est l’Envieux personnifié. Deux autres femmes accompagnent la Délation, l’encouragent, arrangent ses vêtements et prennent soin de sa parure. L’interprète qui m’a initié aux allégories de cette peinture m’a dit que l’une est la Fourberie et l’autre la Perfidie. Derrière elles marche une femme à l’extérieur désolé vêtue d’une robe noire et déchirée : c’est la Repentance ; elle détourne la tête, verse des larmes, et regarde avec une confusion extrême la Vérité qui vient à sa rencontre. C’est ainsi qu’à l’aide de son pinceau Apelle représenta le danger auquel il avait échappé. §6. A notre tour, essayons, s’il vous plaît, à l’exemple du peintre d’Éphèse, de décrire la Délation, avec tous ses attributs, et commençons par la définir, : c’est le moyen de rendre son image encore plus ressemblante... » L’Apelle dont il est question dans ce texte de Lucien n’est pas le grand peintre né à Cos qui vécut sous Alexandre et sous Ptolémée, fils de Lagos. Celui dont il s’agit ici était de Colophon, et, par adoption, citoyen d’Éphèse. Il n’empêche que les deux peintres ont été confondus à la Renaissance.

Analyse de l’image :
     Le peintre Antiphilos avait accusé le célèbre Apelles d’avoir participé à une insurrection contre Ptolémée IV. Apelles fut d’abord emprisonné, puis innocenté. Ptolémée lui donna Antiphilos comme esclave. Apelles réalisa alors un tableau allégorisant ce qu’il venait de subir.
    Dans le tableau de Botticelli, à droite, le roi est assis sur son trône. Soupçon et Ignorance lui soufflent des ragots à l’oreille. Aveuglé, le roi étend la main en avant et rencontre la Haine, en capuchon, pourvue d’un bras anormalement long. Derrière la Haine, la Calomnie porte une torche dans sa main gauche. De la main droite, elle tire par les cheveux l’Innocence, un adolescent nu. Fourberie et Fraude tressent les cheveux de leur maîtresse. Plus à gauche, une vieille femme en noir figure le Repentir. Enfin, tout à gauche, une jeune femme nue, le bras droit levé au ciel, dans la posture de Vénus sortant des eaux, figure la Vérité.

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Florence, Musée des Offices
Traitement de l’image : Scanner
    Commande n°     Cliché n°
Localisation de la reproduction : Collection particulière
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 04/06/2002
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
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