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Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.
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à Montpellier
à Aix

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Le mariage de la sainte Vierge - Deshays
Le mariage de la sainte Vierge - Deshays Auteur : Deshays, Jean-Baptiste (1729-1765)

Cette notice fait partie d’une série : Paris, Salon de 1763 (pièce ou n° 42 / 208)

Datation : 1763

Sources textuelles : Évangile de Matthieu 1, 16 (simple allusion)
Evangiles aprocyphes Protévangile de Jacques

Sujet de l’image : Sujet d’histoire sacrée. Mariage de la Vierge
Dispositif : Scène (espace vague/espace restreint)

Objets indexés dans l’image :
Autel / Génie, dieu ou ange volant / La scène a un public / Les personnages font cercle autour de la scène / Marches / Personnage de dos / Spectateur au premier plan

Nature de l’image : Peinture sur toile
Dimensions :  Hauteur 104 * Largeur 62 cm

Lieu de conservation : Douai, Collégiale Saint-Pierre

Bibliographie : J. Chouillet, R. May, E.-M. Bukdahl, Diderot & la crit. de Salon, Langres, 1984, n° 8, p. 55
G. Faroult, G. Scherf, Ch. Leribault &alii, L’Antiquité rêvée, Gallimard, 2010, fig. 65, p. 93
Notice n° A0067   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : Assomption et couronnement de la Vierge (Vie de la Vierge, fig19) - Dürer // Le mariage de la sainte Vierge (esquisse) - Deshays

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
2. La collégiale Saint-Pierre de Douai fut entièrement reconstruite de 1735 à 1750.

Analyse de l’image :
    Livret du Salon de 1763 :
    « Par M. Deshays, Adjoint à Professeur,
   42. Le Mariage de la sainte Vierge.
   Tableau de 19 pieds de haut, sur 11 pieds de large. »
   
      Extraordinaire du Mercure de France, sept. 63, p. 25 :
    « Le premier des tableaux de M. Deshays [26] non seulement par la grandeur de sa forme, mais par celle d ela composition & de l’effet, offre l’auguste & mystérieux spectacle du chaste mariage de la Sainte Vierge avec Saint Joseph. C’est plus qu’en Poëte, c’est en Prophête inspiré que le Peintre a traité ce Sujet, si simple en apparence, & devenu si noble par l’élévation de son génie. Un Grand Prêtre de la Loi de Moyse est debout & tourné vers les Saints Époux, sur une Estrade en avant d’un Autel ou d’une Table, couverte de napes de lin. Il a les bras étendus, & le regard dirigé vers une Gloire qui l’illumine. Rien de plus expressif & de plus divin que le caractère de cette Tête, où sans effort d’imagination, on lit les grands Mystéres que Dieu révéle en ce moment à son Pontife. Il semble voir & suivre dans le Ciel l’ordre des merveilles que l’éternelle Providence doit opérer dans la jeune épouse que l’on bénit. Ce n’est point par éxagération forcée dans le jeu des traits que le Peintre a donné ce sublime caractère à la tête du Grand-Prêtre. Il a, pour ainsi dire imprimé, avec la plus vive chaleur, dans cet enthousiasme divin, & la Majesté du Dieu qui inspire, [27] & la dignité du Ministère sacré qu’éxerce le Pontife. Autant d’intelligence caractérise la Figure de la Sainte Vierge qui reçoit aux pieds de ce Grand-Prêtre l’Anneau conjugal des mains de Saint Joseph. C’est tout un autre genre de caractère, mais c’est la même justesse & le même sublime. Une candeur céleste éclaire, embellit, & rend encore plus touchante, la beauté simple & en même-tems très-noble, que le Peintre a donnée à la tête de la Vierge. Cette grande & majestueuse simplicité est prononcée d’une manière sensible, non-seulement sur la tête, mais encore sur toutes les parties de cette belle Figure.     Le Saint Joseph a la juste expression qui lui convient, & dans un genre analogue à la grande idée que le Peintre a conçue & très-bien rendue de ce saint Hyménée. Deux jeunes Lévites remplissent leurs fonctions aux pieds de l’Autel, dans un des angles inférieurs du Tableau.     Si le Peintre a excellé dans l’invention & dans ce que nous appellerons la composition poëtique de son Sujet, il ne mérite pas moins d’admiration dans l’exécution pittoresque. On doit lui pardonner de s’être permis un peu de licence [28] contre l’austère vérité du Costume à l’égard des vêtemens du Grand-Prêtre, en faveur du grand & magnifique effet qui en résulte. On ne peut rien voir de mieux entendu que le jet des draperies du sur-vêtement de ce Prêtre. L’enthousiasme semble y régner, autant que dans le caractère de la tête ; mais toujours avec une sagesse & une justesse de goût que nous ne pouvons trop louer. Le moëlleux & la force qui caractérisent éminemment le pinceau de l’Auteur se font spécialement remarquer dans ce Tableau, le choix & l’effet des étoffes, y sont également admirables. Le sage ensemble dans lequel le Peintre a, comme nous l’avons dit plus haut, désigné la divine vocation de la Vierge, est encore, si l’on peut dire, completté par le genre & l’exécution des belles draperies de cette Figure. Leur noble simplicité, l’entente & la sobriété des plis y sont parfaitement analogues, & le sont sans froideur, sans séxcheresse, & sur-tout sans cette roideur si difficile à éviter, lorsque l’on pratique cette sorte de manière de draper. la magien du clair obscur & de l’effet du coloris, a été pratiquée, à ce qu’il nous semble, avec [29] un succès étonnant dans tout ce Tableau ; nous l’avons particuliérement remarquée sur les deux jeunes Lévites, tous deux vêtus de lin, postés très-près l’un de l’autre, & joignant des linges qui couvrent l’Autel. L’art des effets, dans tous ces mêmes blancs, est si heureusement employé, que les objets & chaque partie des objets, sont d’une distinction sensible, en même-temps de la plus grande vérité, & d’une grande perfection d’accord avec les autres objets, dans l’ensemble du Tableau, duquel un des grands mérites est la beauté de l’harmonie générale. Cette masse que forment les jeunes Lévites, produit encore, relativement à d’autres effets, un avantage qui ne nous a pas échappé. Comme elle est posée dans l’angle inférieur du Tableau qui répond à l’angle supérieur où est la Gloire, elle contribue admirablement à étendre & à élargir le grand effet de lumière qui frappe sur la partie dominante de toute cette grande & riche composition.    Nous aurions à faire remarquer l’éclat de cette Gloire, les rapports ingénieux & agréables d’effet des accessoires avec les parties principales, jusques dans les fleurs dont sont jonchés les gradins [30] de l’Autel & le pavé du Temple : mais nous serions peut-être prolixes, sans être pour cela assez exacts. Il est des objets pour lesquels toute description est insuffisante : ce beau Tableau est de ce nombre. Qu’il nous soit permis, avant de finir, d’adresser un reproche bien fondé à notre Capitale, sur ce qu’elle abandonne en quelque sorte, aux temples des Provinces, des morceaux de distinction, tels que celui-ci & d’autres que l’on pourroit citer, qui devroient rester dans son sein pour servir de monumens à sa splendeur & à la gloire de nos Arts. Il est plus que singulier que ceux auxquels ets confié l’entretien des Temples, fassent en Province plus d’efforts de dépenses pour enlever à la Capitale des productions de prix, que l’on ne daigne en faire pour les y conserver. »
   
   Mathon de La Cour, Lettre II :
    « Nous en étions aux Tableaux de M. Deshays. Le premier représente le mariage de la sainte Vierge : [27] Marie & Joseph sont à genoux sur les marches d’un Autel, aux pieds du Pontife qui les unit ; deux Acolytes, quelques spectateurs & des Anges portés sur des nuées, remplissent le reste du Tableau. Il y a du feu & de l’harmonie dans cette composition ; elle fait beaucoup d’effet ; il y regne un beau ton de couleur : le Pontife est saisi d’un enthousiasme qui se communique aux spectateurs ; mais l’équilibre n’est pas assez observé dans la figure de l’un des Acolytes. S. Joseph est bien ; la sainte Vierge pourroit être mieux : les Anges auroient bien fait de n’y pas paroître du tout. Je ne sais point pourquoi M. Deshays les a invités à ce mariage. C’est un des événemens les moins importans de la vie de la sainte Vierge, & il me semble que c’est celui qui doit le moins intéresser la Cour céleste. Les décorations du Temple pourroient faire un objet aussi agréable ; le Tableau auroit eu plus de profondeur, [28] & les figures principales sortiroient d’une maniere plus heureuse.     Il me reste encore un reproche à faire à M. Deshays.Les Juifs ne se marioient point dans le Temple : le mariage étoit chez eux un contrat civil, qui n’étoit revêtu d’aucune cérémonie de religion : il se faisoit dans l’intérieur des maisons, en présence des parens ; les Prêtres ne s’en mêloient pas. D’ailleurs, on ignoroit alors l’usage des flambeaux de cire, & on ne se servoit que de lampes. Il est fâcheux que toutes ces parties du costume aient été oubliées dans le Tableau dont nous parlons. Je sens qu’on m’opposera l’exemple des autres Peintres ; mais les abus ne deviennent pas des regles ; les usages ne peuvent pas servir d’excuse à des hommes de génie. Plusieurs fautes de ce genre ont échappé aux plus grands Maîtres dans des temps d’ignorance : elles ne sont pas pardonnables dans un siecle plus [29] éclairé. Le Brun ni le Sueur ne se les seroient certainement pas permises. L’Art ne gagne rien à ces sortes de licences ; au contraire, une cérémonie étrangere est plus pittoresque : elle intéresse davantage, & elle prête bien plus à l’art du Peintre. »


Sujet de recherche : Julie Giniès, Le Salon de 1763 de Diderot, genèse d’une méthode
Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Douai, Collégiale Saint-Pierre
Traitement de l’image : Scanner
    Commande n°     Cliché n°
Localisation de la reproduction : Paris, Bibliothèque de l’École normale supérieure
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Julie Giniès     Date de création : 31/05/2002
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
Les notices sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent être reproduites ni faire l’objet de quelque transaction que ce soit sans leur autorisation expresse et écrite.