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Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.
Adresse complète
à Montpellier
à Aix

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Saint François d’Assise recevant les stigmates - Rubens
Saint François d’Assise recevant les stigmates - Rubens Auteur : Rubens, Pierre Paul (1577-1640)

Datation : 1635

Source textuelle : J. de Voragine, La Légende dorée, Saint François GF, II, p. 259

Sujet de l’image : Sujet d’histoire sacrée. Saint François
Dispositif : Apparition, songe

Objets indexés dans l’image :
La scène a un public / Livre / Tête de mort

Nature de l’image : Peinture sur toile
Dimensions :  Hauteur 264 * Largeur 192 cm

Lieu de conservation : Gand, Musée des Beaux-Arts
Notice n° A0134   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : L’Extase de sainte Catherine de Sienne // Minerve apparaît à Télémaque (Télémaque, livre 18, Wetstein, 1777) // Saint Jérôme en prière (version de l’Escurial) - Titien

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
1. Ce tableau d’autel décorait un autel latéral de l’ancienne église des Franciscains récollets. Ses tons gris et fondus sont caractéristiques de la dernière période.
3. Rubens a dessiné et peint cette scène à de nombreuses reprises. Voir le tableau du musée municipal d’Arras, celui du Wallraf Richartz Museum de Cologne, et le dessin du musée de Berlin.

Analyse de l’image :
     Le saint est en train de se livrer à un exercice spirituel, retiré dans une solitude. Un livre ouvert au premier plan indique qu’il était en train de lire lorsque l’apparition a eu lieu. Un crâne posé à côté de la bible donne le contenu de l’exercice spirituel : détachement des vanités terrestres, rappel de la misère de la condition humaine.
    En haut à gauche, un crucifix ailé fait son apparition : la figure sur la croix est mi-Christ, mi chérubin. François se détourne de la lecture , qui portait ses yeux vers le bas à droite, pour regarder l’apparitioe en haut à gauche. Le mouvement de ses yeux, qui balaye la toile en diagonale de bas en haut, est saisi au vol, et constitue l’instant prégnant, ou plus précisément le « cliché bougé » de la scène.
    François n’est pas seul. Derrière lui, un autre moine assiste, en retrait, à la scène. il porte la main vers son visage : c’est le geste sacré traditionnel de révérence devant l’épiphanie divine. La main chercher à se protéger de l’intensité lumineuse de l’apparition et rappelle que normalement (sans l’exception de la grâce) l’homme ne peut pas soutenir la vision de Dieu. Le regard du spectateur, à qui l’apparition n’est pas destinée, est un regard barré, un regard qui porte l’écran, par opposition avec le regard de François, qui, élu par Dieu, peut soutenir sa vision face à face.
    François tend la main gauche vers le livre et le crâne, iundiquant ce qu’il était en train de faire, tandis que la droite est rejetée vers l’arrière, signifiant à son compagnon de ne pas s’approcher. Rubens dissocie ainsi les trois plans de la scène, l’avant de la lecture solitaire, le pendant de l’apparition et l’après du retour vers les hommes.
    La main tendue permet d’autre part de donne rà voir le stigmate et scelle en quelque sorte l’alliance avec Dieu.
    Dans la vie de saint François par Jacques de Voragine, il n’y a pas à proprement parler de scène des stigmates. Après l’évocation de toutes les tentations diaboliques auxquelles le saint fut exposé, le narrateur mentionne lapidairement la vision de François et l’impression des stigmates, pour insister aussitôt et longuement sur la vérité attestée de ce miracle : le discours sur le miracle l’emporte sur le récit des circonstances, sur la théâtralité de l’événement.
    « Dans une vision, le serviteur de Dieu aperçut au-dessus de lui un séraphin crucifié qui imprima les marques de sa crucifixion d’une manière si évidente sur François que le saint pzaraissait avoir été lui-même crucifié. Ses mains, se spieds et son côté furent marqués du caractère de la croix ; mais il cacha ces stigmates à tous les yeux avec grand soin. Quelques-uns cependant les virent de son vivant ; mais à s amort, il y en eut beaucoup qui les considérèrent. L’existence réelle de ces stigmates fut confirmée par de nombreux miracles, dont il suffira d’en rapporter deux qui eurent lieu après son décès. »
    Le problème de la vérité du miracle l’emporte donc sur la dramaturgie de la scène (anachronique pour l’époque de Voragine, mais cruciale pour celle de Rubens). Cependant le discours de Voragine apparaît bien centré sur la question du regard : François a eu une vision qu’il n’a pas voulu donner à voir. Pourtant ces stigmates ont été vus. Ils ont été vus bien qu’ils aient été cachés. Les stigmates sont des objets scéniques, barrés par l’écran biblique de la représentation, à défaut d’une scène proprement dite où les inscrire.

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Gand, Musée des Beaux-Arts
Traitement de l’image : Image Web
    Commande n°     Cliché n°
Localisation de la reproduction : Collection particulière
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 31/05/2002
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
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