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Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.
Adresse complète
à Montpellier
à Aix

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Ixion trompé par Junon - Rubens
Ixion trompé par Junon - Rubens Auteur : Rubens, Pierre Paul (1577-1640)

Datation : 1615

Source textuelle : Lucien de Samosate (125-192) Dialogue des dieux, IX, Héra et Zeus

Sujet de l’image : Sujet mythologique. Ixion
Dispositif : Scène (espace vague/espace restreint)

Objets indexés dans l’image :
Cupidon / La scène est observée par effraction / Nuage, nuée / Paon / Personnage interposé / Serpent / Torche

Nature de l’image : Peinture sur toile
Dimensions :  Hauteur 171 * Largeur 245 cm

Lieu de conservation : Paris, Musée du Louvre, RF 2121
Notice n° A0191   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : Ixion précipité aux Enfers - Cornelisz van Haarlem // Junon recevant de Mercure les yeux d’Argus - Goltzius

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
3. Hogarth mentionne un « Junon et Ixion » du Corrège : « Mais c’est dans les ouvrages du Corrège que le principe de la ligne serpentine paraît le mieux entendu, surtout dans son tableau de Junon et Ixion, quoique d’ailleurs les proportions de ses figures soient quelquefois si mauvaises, qu’un peintre d’enseignes pourrait les dessiner mieux. » (Préface de l’Analyse de la beauté, ensb-a, p. 34.)
Le sujet a également été peint par Christiaen van Couwenbergh (musée du Louvre, RF3772).
Théophile de Viau a consacré un poème à Ixion, pubié dans divers recueils satiriques de son vivant (mais pas dans ses œuvres) :
Je songeais que Philis des Enfers revenue,
Belle comme elle était à la clarté du jour,
Voulait que son fantôme encore fît l’amour
Et que comme Ixion j’embrassasse une nue.
Son ombre dans mon lit se glissa toute nue
Et me dit : Cher Tircis, me voici de retour,
Je n’ai fait qu’embellir en ce triste séjour
Où depuis ton départ le sort m’a retenue.
Je viens pour rebaiser le plus beau des amants,
Je viens pour remourir dans tes embrassements.
Alors, quand cette idole eut abusé ma flamme
Elle me dit : Adieu, je m’en vais chez les morts.
Comme tu t’es vanté d’avoir foutu mon corps,
Tu pourras te vanter d’avoir foutu mon âme.

Analyse de l’image :
    Après la révolte de son peuple, Ixion, roi des Lapithes, a été recueilli par Jupiter dont il est l’hôte et l’échanson. Il cherche à séduire Junon. Celle-ci prévient Jupiter et envoie son simulacre à Ixion, afin que Jupiter puisse prendre Ixion en flagrant délit sans que l’honneur de la déesse soit entaché. A gauche, Ixion embrasse la fausse Junon. A droite, la vraie Junon, reconnaissable au paon, délègue à la Ruse, reconnaissable à la peau de renard, le soin de manipuler son simulacre. Hymen (reconnaissable au flambeau) détourne Junon (la vraie) d’Ixion et la retourne vers Jupiter qui assiste songeur à la scène. A gauche, la Discorde aux cheveux de serpents désigne Ixion et annonce le châtiment infernal.
    La composition se lit comme une progression allégorique, de l’obscurité à gauche vers la lumière à droite. On va de la Discorde aux cheveux de serpent, en haut à gauche, et du désordre des passions, vers l’ordre de Jupiter, en haut à droite. Le point de basculement du monde des passions déchaînées vers le règne de l’ordre matrimonial et de la loi, c’est la Ruse, qui occupe la position centrale.
    La Ruse manipule la tête de la fausse Junon, des doigts de sa main droite, les yeux tournés vers la vraie Junon dont elle guette les ordres. La position de la vraie Junon est étrange au 1er abord, mais s’explique allégoriquement : Junon se tient sa tête, c’est elle-même qui se gouverne, alors que la fausse Junon est gouvernée par autrui.
    Nul ne doit regarder la mise en œuvre de la ruse (ce n’est donc pas à proprement parler une scène) : c’est pourquoi la divinité de la Ruse se prépare à envelopper les amants d’une étoffe rouge. Junon se détourne, elle est entraînée par Hymen vers Jupiter. Mais plusieurs indices nous suggèrent qu’elle n’a pas été insensible à la tentation : le voile rouge reflète sa couleur à la fois sur le bas ventre d’Ixion et sur les fesses de la vraie Junon ; il les relie donc subrepticement. D’autre part, Junon, qui est déjà partie rejoindre Jupiter, tourne la tête vers Ixion, peut-être pas jusqu’à le voir, mais bien dans un mouvement de regret, ou au moins de connivence avec la Ruse qui guette ses ordres. Ruse pour qui ? Ruse pour quoi ?
   La fausse Junon intrigue au premier abord : pour une nuée, elle paraît bien en chair. On opposera cependant sa peau blanche, où le rouge de l’étoffe que tend la Ruse ne se reflète pas, au rose et au rouge de la vraie Junon. Son regard d’autre part est vide : c’est un regard de poupée, c’est l’œil apparemment mort d’un piège vivant.


Sujet de recherche : Stéphane Lojkine, L’État de nature (en préparation)
Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Réunion des Musées Nationaux, Daniel Arnaudet
Traitement de l’image : Image Web
    Commande n°     Cliché n°
Localisation de la reproduction : http://www.culture.gouv.fr/documentation/joconde/fr/ (Base Joconde)
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 31/05/2002
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
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