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Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

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Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.
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à Montpellier
à Aix

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L’accordée de village - Greuze
L’accordée de village - Greuze Auteur : Greuze, Jean-Baptiste (1725-1805)

Cette notice fait partie d’une série : Paris, Salon de 1761 (pièce ou n° 100 / 157)

Datation : 1761

Sujet de l’image : Sujet de genre. Scène d’intérieur
Dispositif : Scène en frise sans profondeur

Objets indexés dans l’image :
Escalier / La scène a un public / La scène est observée par effraction / Les personnages font cercle autour de la scène / Les personnages font groupe et constituent la scène / Placard / Porte entrebâillée

Nature de l’image : Peinture sur toile
Dimensions :  Hauteur 92 * Largeur 117 cm

Lieu de conservation : Paris, Musée du Louvre, INV 5037

Bibliographie : Diderot et l’art de Boucher à David (cat), 1984, n° 59, p. 222 ; p. 25 (reproduction en couleurs)
Diderot, Arts et lettres (1739-1766), éd. Jean Varloot, Hermann, 1980 (DPV XIII), Texte pp. 266-272 (voir également Bouquins, p. 232-235)
Notice n° A0392   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : Ermite distribuant des rosaires - Greuze // L’accordée de village - Flipart d’après Greuze // Étude pour la composition de l’Accordée de village - Greuze // Étude pour la composition de L’Accordée de village (Petit Palais) - Greuze // Le contrat de mariage - Watteau // Le Mariage de Tobie et de Sarra - Jan Steen // La Blanchisseuse - Greuze // Conversation, dit aussi Le contrat de mariage - Angelis // L’homme au chapeau blanc - Teniers le Jeune

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
2. Exposé au Salon de 1761 quelques jours seulement avant la fermeture de l’exposition.
3. Le tableau a été gravé par Flippart. Cette gravure a été exposée au Salon de 1771. 1er état, eau-forte pure avant toute lettre et avant la vignette en marge, cote Bnf Estampes AA5 Flipart, cliché 83C115253 ; état final, planche terminée, avec la lettre, la vignette demeurée à l’état d’eau-forte pure, même cote, cliché 83C112970 et 83C115252. n°143 Inventaire des Fonds Français. Gravé par Lanta, cote Bnf Estampes AA5 Greuze, cliché 77C84000. Gravé par Jazet, avec à gauche de l’escalier (à droite sur la gravure), derrière l’ouverture cintrée, une salle à manger avec une table mise pour le banquet, assiettes et bouteilles disposées sur une nappe blanche une servante apportant un plat suivie d’un jeune valet. Cote Bnf estampes Dc 8 Fol., folio 46. Comparer avec La Demande en mariage de Grenier, cote Bnf Estampes AA5 Grenier, cliché 82B94549.

Analyse de l’image :
    Livret du Salon de 1761 :
   « Par M. Greuze, Agréé.
   100. Un Mariage, & l’instant où le pere de l’Accordée délivre la dot à son Gendre.
   Ce Tableau appartient à M. le Marquis de Marigny. Il a 3 pieds 6 pouces de large sur 2 pieds 6 pouces de haut. »
   
   Commentaire de Grimm et de Diderot :
    « Pendant les dix derniers jours du Salon, M. Greuze a exposé son tableau du Mariage, ou l’instant où le père de l’accordée délivre la dot à son gendre. Ce tableau est à mon sens le plus agréable et le plus intéressant de tout le Salon ; il a eu un succès prodigieux ; il n’était presque pas possible d’en approcher. J’espère que la gravure le multipliera bientôt pour contenter tous les curieux. Mais avant de vous dire mon sentiment, je vais transcrire ici celui de M. Diderot avec l’esquisse qu’il a tracée de ce charmant tableau.
    C’est lui qui va parler.
    Enfin je l’ai vu, ce tableau de notre ami Greuze ; mais ce n’a pas été sans peine ; il continue d’attirer la foule. C’est un Père qui vient de payer la dot de sa fille 7. Le sujet est pathétique, et l’on se sent gagner d’une émotion douce en le regardant. La composition m’en a paru très belle : c’est la chose comme elle a dû se passer. Il y a douze figures ; chacune est à sa place, et fait ce qu’elle doit. Comme elles s’enchaînent toutes ! comme elles vont en ondoyant et en pyramidant ! Je me moque de ces conditions ; cependant quand elles se rencontrent dans un morceau de peinture par hasard, sans que le peintre ait eu la pensée de les y introduire, sans qu’il leur ait rien sacrifié, elles me plaisent.
    A droite de celui qui regarde le morceau est un tabellion assis devant une petite table, le dos tourné au spectateur. Sur la table, le contrat de mariage et d’autres papiers. Entre les jambes du tabellion, le plus jeune des enfants de la maison. Puis en continuant de suivre la composition de droite à gauche, une fille aînée debout, appuyée sur le dos du fauteuil de son père. Le père assis dans le fauteuil de la maison. Devant lui, son gendre debout, et tenant de la main gauche le sac qui contient la dot. L’accordée, debout aussi, un bras passé mollement sous celui de son fiancé ; l’autre bras saisi par la mère, qui est assise au dessous. Entre la mère et la fiancée, une sœur cadette debout, penchée sur la fiancée, et un bras jeté autour de ses épaules. Derrière ce groupe, un jeune enfant qui s’élève sur la pointe des pieds pour voir ce qui se passe. Au-dessous de la mère, sur le devant, une jeune fille assise qui a de petits morceaux de pain coupé dans son tablier. Tout à fait à gauche dans le fond et loin de la scène, deux servantes debout qui regardent. Sur la droite, un garde-manger bien propre, avec ce qu’on a coutume d’y renfermer, faisant partie du fond.
    Au milieu, une vieille arquebuse pendue à son croc ; ensuite un escalier de bois qui conduit à l’étage au-dessus. Sur le devant, à terre, dans l’espace vide que laissent les figures, proche des pieds de la mère, une poule qui conduit ses poussins auxquels la petite fille jette du pain ; une terrine pleine d’eau, et sur le bord de la terrine un *poussin, le bec en l’air, pour laisser descendre dans son jabot l’eau qu’il a bue. Voilà l’ordonnance générale. Venons aux détails.
    Le tabellion est vêtu de noir, culotte et bas de couleur, en manteau et en rabat, le chapeau sur la tête. Il a bien l’air un peu matois et chicanier, comme il convient à un paysan de sa profession ; c’est une belle figure. Il écoute ce que le père dit à son gendre. Le père est le seul qui parle. Le reste écoute et se tait.
    L’enfant qui est entre les jambes du tabellion est excellent pour la vérité de son action et de sa couleur. Sans s’intéresser à ce qui se passe, il regarde les papiers griffonnés, et promène ses petites mains par-dessus.
    On voit dans la sœur aînée, qui est appuyée debout sur le dos du fauteuil de son père, qu’elle crève de douleur et de jalousie de ce qu’on a accordé le pas sur elle à sa cadette. Elle a la tête portée sur une de ses mains, et lance sur les fiancés des regards curieux, chagrins et courroucés.
    Le père est un vieillard de soixante ans, en cheveux gris, un mouchoir tortillé autour de son cou ; il a un air de bonhomie qui plaît. Les bras étendus vers son gendre, il lui parle avec une effusion de cœur qui enchante ; il semble lui dire : « Jeannette est douce et sage ; elle fera ton bonheur ; songe à faire le sien... » ou quelque autre chose sur l’importance des devoirs du mariage... Ce qu’il dit est sûrement touchant et honnête. Une de ses mains, qu’on voit en dehors, est hâlée et brune ; l’autre, qu’on voit en dedans, est blanche ; cela est dans la nature.
    Le fiancé est d’une figure tout à fait agréable. Il est hâlé de visage ; mais on voit qu’il est blanc de peau ; il est un peu penché vers son beau-père ; il prête attention à son discours, il en a l’air pénétré ; il est fait au tour, et vêtu à merveille, sans sortir de son état. J’en dis autant de tous les autres personnages.
    Le peintre a donné à la fiancée une figure charmante, décente et réservée ; elle est vêtue à merveille. Ce tablier de toile blanc fait on ne peut pas mieux ; il y a un peu de luxe dans sa garniture ; mais c’est un jour de fiançailles. Il faut voir comme tous les plis de tous les vêtements de cette figure et des autres sont vrais. Cette fille charmante n’est point droite ; mais il y a une légère et molle inflexion dans toute sa figure et dans tous ses membres qui la remplit de grâce et de vérité. Elle est jolie vraiment, et très jolie. Une gorge faite au tour qu’on ne voit point du tout ; mais je gage qu’il n’y a rien là qui la relève, et que cela se soutient tout seul. Plus à son fiancé, et elle n’eût pas été assez décente ; plus à sa mère ou à son père, et elle eût été fausse. Elle a le bras à demi passé sous celui de son futur époux, et le bout de ses doigts tombe et appuie doucement sur sa main ; c’est la seule marque de tendresse qu’elle lui donne, et peut-être sans le savoir elle-même ; c’est une idée délicate du peintre.
    La mère est une bonne paysanne qui touche à la soixantaine, mais qui a de la santé ; elle est aussi vêtue large et à merveille. D’une main elle tient le haut du bras de sa fille ; de l’autre, elle serre le bras au-dessus du poignet : elle est assise ; elle regarde sa fille de bas en haut ; elle a bien quelque peine à la quitter ; mais le parti est bon. Jean est un brave garçon, honnête et laborieux ; elle ne doute point que sa fille ne soit heureuse avec lui. La gaieté et la tendresse sont mêlées dans la physionomie de cette bonne mère.
    Pour cette sœur cadette qui est debout à côté de la fiancée, qui l’embrasse et qui s’afflige sur son sein, c’est un personnage tout à fait intéressant. Elle est vraiment fâchée de se séparer de sa sœur, elle en pleure ; mais cet incident n’attriste pas la composition ; au contraire, il ajoute à ce qu’elle a de touchant. Il y a du goût, et du bon goût, à avoir imaginé cet épisode.
    Les deux enfants, dont l’un, assis à côté de la mère, s’amuse à jeter du pain à la poule et à sa petite famille, et dont l’autre s’élève sur la pointe des pieds et tend le cou pour voir, sont charmants ; mais surtout le dernier.
    Les deux servantes, debout, au fond de la chambre, nonchalamment penchées l’une contre l’autre, semblent dire, d’attitude et de visage : Quand est-ce que notre tour viendra ?
    Et cette poule qui a mené ses poussins au milieu de la scène, et qui a cinq ou six petits, comme la mère aux pieds de laquelle elle cherche sa vie a six à sept enfants, et cette petite fille qui leur jette du pain et qui les nourrit ; il faut avouer que tout cela est d’une convenance charmante avec la scène qui se passe, et avec le lieu et les personnages. Voilà un petit trait de poésie tout à fait ingénieux.
    C’est le père qui attache principalement les regards ; ensuite l’époux ou le fiancé ; ensuite l’accordée, la mère, la sœur cadette ou l’aînée, selon le caractère de celui qui regarde le tableau, ensuite le tabellion, les autres enfants, les servantes et le fond. Preuve certaine d’une bonne ordonnance.
    Teniers peint des mœurs plus vraies peut-être. Il serait plus aisé de retrouver les scènes et les personnages de ce peintre ; mais il y a plus d’élégance, plus de grâce, une nature plus agréable dans Greuze. Ses paysans ne sont ni grossiers comme ceux de notre bon Flamand, ni chimériques comme ceux de Boucher. Je crois Teniers fort supérieur à Greuze pour la couleur. Je lui crois aussi beaucoup plus de fécondité : c’est d’ailleurs un grand paysagiste, un grand peintre d’arbres, de forêts, d’eaux, de montagnes, de chaumières et d’animaux.
    On peut reprocher à Greuze d’avoir répété une même tête dans trois tableaux différents. La tête du Père qui paye la dot et celle du Père qui lit l’Écriture sainte à ses enfants, et je crois aussi celle du Paralytique. Ou du moins ce sont trois frères avec un grand air de famille.
    Autre défaut. Cette sœur aînée, est-ce une sœur ou une servante ? Si c’est une servante, elle a tort d’être appuyée sur le dos de la chaise de son maître, et je ne sais pourquoi elle envie si violemment le sort de sa maîtresse ; si c’est un enfant de la maison, pourquoi cet air ignoble, pourquoi ce négligé ? Contente ou mécontente, il fallait la vêtir comme elle doit l’être aux fiançailles de sa sœur. Je vois qu’on s’y trompe, que la plupart de ceux qui regardent le tableau la prennent pour une servante, et que les autres sont perplexes. Je ne sais si la tête de cette sœur n’est pas aussi celle de la Blanchisseuse.
    Une femme de beaucoup d’esprit a rappelé que ce tableau était composé de deux natures. Elle prétend que le père, le fiancé et le tabellion sont bien des paysans, des gens de campagne ; mais que la mère, la fiancée et toutes les autres figures sont de la halle de Paris. La mère est une grosse marchande de fruits ou de poissons ; la fille est une jolie bouquetière. Cette observation est au moins fine ; voyez, mon ami, si elle est juste.
    Mais il vaudrait bien mieux négliger ces bagatelles, et s’extasier sur un morceau qui présente des beautés de tous côtés ; c’est certainement ce que Greuze a fait de mieux. Ce morceau lui fera honneur, et comme peintre savant dans son art, et comme homme d’esprit et de goût. Sa composition est pleine d’esprit et de délicatesse. Le choix de ses sujets marque de la sensibilité et de bonnes mœurs.
    Un homme riche qui voudrait avoir un beau morceau en émail devrait faire exécuter ce tableau de Greuze par Durand, qui est habile, avec les couleurs que M de Montamy a découvertes. Une bonne copie en émail est presque regardée comme un original, et cette sorte de peinture est particulièrement destinée à copier.
    M. Diderot a raison, on ne saurait trop s’extasier sur ce charmant tableau. Je n’en ai pas vu de plus agréable, de plus intéressant, et dont l’effet soit plus doux. O que les mœurs simples sont belles et touchantes, et que l’esprit et la finesse sont peu de chose auprès d’elles ! Voilà pourquoi les Anciens seront toujours le charme de tous les gens de goût, de toutes les âmes honnêtes et sensibles. J’ai demandé à Greuze ce que M de Marigny avait fait à Dieu pour posséder un tableau comme celui-là.
    Si vous avez lu les Idylles de Gessner de Zurich dont on nous promet une traduction depuis longtemps, vous pourrez vous former une idée du génie de Greuze. Ils ont tous les deux un goût exquis, une délicatesse infinie, infiniment d’esprit, c’est-à-dire pas plus qu’il n’en faut pour faire valoir tous les détails, mais avec une mesure ! Jamais rien de trop, ni de trop peu. On ne peut regarder ce vieillard de Greuze sans se sentir venir les larmes aux yeux. Quel bon père ! Qu’il est bien digne de la douceur qu’il éprouve en ce moment ! Son gendre est pénétré de reconnaissance ; il est fort touché ; il voudrait remercier. Le père lui dit certainement : « Mon fils, ne me remercie pas de l’argent ; c’est de ma fille qu’il faut me remercier ; elle m’est bien plus chère que tout ce que je possède. » Ce bon père a raison. Quel père ne serait vain d’une telle fille? Après lui Greuze doit en être le plus flatté ; c’est en vérité une figure sublime dans son genre ; c’est peu pour elle d’être la plus jolie créature du monde ; ses grâces innocentes ne sont pas ce qu’il y a de plus séduisant en elle ; mais comment vous peindre tout ce qui se passe dans son âme, au moment de cette révolution si désirable et si redoutée qui va se faire dans toute sa vie ? On voit un doux affaissement répandu sur tout son corps ; il n’y a qu’un homme de génie qui ait pu trouver cette attitude si délicate et si vraie. La tendresse pour son fiancé, le regret de quitter la maison paternelle, les mouvements de l’amour combattus par la modestie et par la pudeur dans une fille bien née ; mille sentiments confus de tendresse, de volupté, de crainte qui s’élèvent dans une âme innocente au moment de ce changement d’état, vous lisez tout cela dans le visage et dans l’attitude de cette charmante créature. Il me faudrait des pages pour vous en donner une idée très imparfaite. Comment le peintre a-t-il pu rendre tant de sentiments divers, et délicats, en quelques coups de pinceau ? La seule chose que j’aurais désirée, peut-être, c’est qu’il eût donné un peu plus de gentillesse au fiancé, non pas de cette fausse et détestable gentillesse de Boucher ; mais de cette gentillesse naïve, vraie et touchante qu’un homme comme Greuze est bien en état de trouver. Son fiancé est un beau garçon ; c’est sûrement encore un honnête garçon ; avec cela on ne voit point qu’il soit digne d’une telle épouse. Mais qui en effet pourrait être digne d’elle ? celui seul qui avec tous les avantages de la fortune, avec une âme simple, élevée et honnête, pourrait mettre toute sa gloire et tout son bonheur à posséder, à respecter, à adorer la plus aimable créature de l’univers. Greuze a fait, sans s’en douter, une Paméla, c’est son portrait, trait pour trait.  » (Salon de 1761, CFL  V  97-104)


Sujet de recherche : S. Lojkine, La main tendue, le regard démasqué (Poussin et Greuze)
Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Réunion des Musées Nationaux, Hervé Lewandowski
Traitement de l’image : Scanner
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Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 31/05/2002
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
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