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Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.
Adresse complète
à Montpellier
à Aix

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Zuleïman et Zaïde (Denis Diderot, Les Bijoux indiscrets, 1748, fig. 9)
Zuleïman et Zaïde (Denis Diderot, Les Bijoux indiscrets, 1748, fig. 9)
Cette notice fait partie d’une série : [Denis Diderot], Les Bijoux indiscrets, Au Monomotapa [Paris, Durand, 1748] (pièce ou n° 9 / 9)

Datation : 1748

Source textuelle : Diderot, Les Bijoux indiscrets (1748) Chapitre LII, 29e essai de l’anneau

Sujet de l’image : Fiction, 18e siècle
Dispositif : Scène (espace vague/espace restreint)

Objets indexés dans l’image :
Fenêtre / La scène est observée par effraction / Mur ou séparation / Rideau de séparation / Sol en damier / Sopha / Tableau sur le mur

Nature de l’image : Gravure sur cuivre
Dimensions :  Hauteur 11,5 * Largeur 7 cm

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Imprimés, Y2 12479 (2)
Notice n° A0603   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : La déclaration d’amour - Jean-François de Troy // Le magnifique (La Fontaine, Contes, 1762) - Eisen // Jonquille désenchante Néadarné (Crébillon, Tanzaï & Néadarné, éd. 1740)

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
Problème d'attribution des auteurs ; Mentions sur la page en dehors de l’image.
1. Le placement de la gravure est indiqué en haut à droite : « T.2. Pag.379. »
3. Peut-être cette gravure a-t-elle pour modèle celle, un peu plus petite (5,3x9,3 cm), qui illustre le chap. 11 du livre IV de Tanzaï et Néadarné, le roman de Crébillon, dans l’édition de 1740. Elle représente le génie Jonquille tentant de violer Néadarné sur un divan. Mais celle-ci, victime d’un sortilège, a perdu son sexe et ne peut sans son propre consentement être désenchantée.

Analyse de l’image :
     La gravure représente la seconde scène du chapitre LII (ou II, 19). Mangogul, au fond, observe à la dérobée l’entrevue de Zuleïman et de Zaïde, les amants parfaits. Zaïde attire à elle Zuleïman, qu’elle a pris par l’épaule. Les mains de Zuleïman signifient théâtralement le discours qu’il tient à sa maîtresse. L’objet du discours est en quelque sorte circonscrit par les deux mains placées de part et d’autre du « bijou » de Zaïde. Mais Zuleïman est impuissant. Les deux amants sont assis dans un sopha orné, en son centre, d’une coquille saint-Jacques, symbole de Vénus. Au-dessus du sopha, un tableau représente un homme assis contre un arbre et une femme debout et dansant, le bras gauche levé. Au fond, Mangogul est appuyé sur son coude droit, en signe de mélancolie jalouse. De la main gauche, il désigne la fenêtre, comme s’il avait l’intention de se détourner de la scène du 1er plan. Au-dessus de lui, sur le mur, une gypserie en forme de masque comique semble regarder la scène, comme pour signifier sa dimension parodique.
   
    « [Mangogul] trouva Zaïde dans le cabinet de la veille. Zuleïman y était avec elle. Il tenait les mains de sa maîtresse dans les siennes et il avait les yeux fixés sur les siens  : Zaïde, penchée sur ses genoux, lançait à Zuleïman des regards animés de la passion la plus vive. Ils gardèrent quelque temps cette situation  ; mais cédant au même instant à la violence de leurs désirs, ils se précipitèrent entre les bras l’un de l’autre, et se serrèrent fortement. Le silence profond qui, jusqu’alors, avait régné autour d’eux, fut troublé par leurs soupirs, le bruit de leurs baisers, et quelques mots inarticulés qui leur échappaient... « Vous m’aimez !... – Je vous adore !... – M’aimerez-vous toujours ?... – Ah ! le dernier soupir de ma vie sera pour Zaïde !... » Mangogul, accablé de tristesse, se renversa dans un fauteuil, et se mit la main sur les yeux. Il craignit de voir des choses qu’on imagine bien, et qui ne furent point... Après un silence de quelques moments  : «  Ah  ! cher et tendre amant, que ne vous ai-je toujours éprouvé tel que vous êtes à présent  ! dit Zaïde, je ne vous en aimerais pas moins, et je n’aurais aucun reproche à me faire... Mais tu pleures, cher Zuleïman, Viens, cher et tendre amant, viens, que j’essuie tes larmes... Zuleïman, vous baissez les yeux  : qu’avez-vous  ? Regardez-moi donc... Viens, cher ami, viens, que je te console  : colle tes lèvres sur ma bouche  ; inspire-moi ton âme  ; reçois la mienne  : suspends... Ah  ! non... non...  » Zaïde acheva son discours par un soupir violent, et se tut. L’auteur africain nous apprend que cette scène frappa vivement Mangogul  ; qu’il fonda quelques espérances sur l’insuffisance de Zuleïman, et qu’il y eut des propositions secrètes portées de sa part à Zaïde qui les rejeta, et ne s’en fit point un mérite auprès de son amant. » (DPV III 248)

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France
Traitement de l’image : Scanner
Photographie sur papier    Commande n°     Cliché n°
Localisation de la reproduction : Montpellier, Inst. de rech. sur la Renaissance l’âge classique & les Lumières
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 31/05/2002
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
Les notices sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent être reproduites ni faire l’objet de quelque transaction que ce soit sans leur autorisation expresse et écrite.