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Couverture Diderot et le temps

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.
Adresse complète
à Montpellier
à Aix

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La goutte et l’araignée (Fables de La Fontaine, 1668) - Chauveau
La goutte et l’araignée (Fables de La Fontaine, 1668) - Chauveau Auteur : Chauveau, François (1613-1676)
Œuvre signée.

Cette notice fait partie d’une série : Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668 (pièce ou n° 47 / 115)

Datation : 1668

Source textuelle : La Fontaine, Fables (1668-1692) Livre III, Fable 8, Pléiade p. 120

Sujet de l’image : Fiction, 17e siècle

Objets indexés dans l’image :
Autre scène au second plan / Les personnages font cercle autour de la scène / Lit / Mur ou séparation / Rideau(x) de lit

Nature de l’image : Gravure sur cuivre

Lieu de conservation : Versailles, Bibliothèque municipale centrale, Rés. Lebaudy in-4 32
Notice n° A0902   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : La goutte et l’araignée (La Fontaine, Desaint & Saillant, 1755) - Oudry

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
1. Signé en bas vers le centre gauche « F. C. »
2. Livre III, Fable 8.

Analyse de l’image :
     La gravure représente un riche palais. Au premier plan, un malade atteint de la goutte est entouré de ses médecins. On lui porte un remède, on examine ses urines, on panse sa jambe souffrante. Seul l’exercice permettrait de guérir de la goutte ; ce malade riche et choyé fait donc prospérer la maladie. Ce premier espace est délimité par un mur de séparation ouvrant au second plan sur une autre pièce, où l’araignée au centre de sa toile est chassée par une servante qui fait le ménage. Le palais du riche est donc bon pour la goutte et mauvais pour l’araignée. La gravure met ici en relation deux scènes opposées. Ces scènes ne sont pas simultanées. L’araignée chassée correspond au premier mouvement de la fable, tandis que la goutte triomphante correspond au second mouvement. Jamais l’araignée et la goutte ne se sont trouvées ensemble au même moment dans le palais du riche. Le moment de la représentation est donc un moment artificiel. L’araignée semble regarder, au-delà du mur-écran, son amie la goutte prospérer.
   
   Texte de la fable :
   Quand l’Enfer eut produit la Goutte et l’Araignée :
   Mes filles, leur dit-il, vous pouvez vous vanter
   D’être pour l’humaine lignée
   Egalement à redouter.
   Or avisons aux lieux qu’il vous faut habiter.
   Voyez-vous ces cases étrètes,
   Et ces palais si grands, si beaux, si bien dorés ?
   Je me suis proposé d’en faire vos retraites.
   Tenez donc ; voici deux bûchettes :
   Accommodez-vous, ou tirez.
   Il n’est rien, dit l’Aragne, aux cases qui me plaise.
   L’autre, tout au rebours, voyant les palais pleins
   De ces gens nommés Médecins,
   Ne crut pas y pouvoir demeurer à son aise.
   Elle prend l’autre lot, y plante le piquet,
   S’étend à son plaisir sur l’orteil d’un pauvre homme,
   Disant : Je ne crois pas qu’en ce poste je chomme,
   Ni que d’en déloger et faire mon paquet
   Jamais Hippocrate me somme.
   L’Aragne cependant se campe en un lambris,
   Comme si de ces lieux elle eût fait bail à vie ;
   Travaille à demeurer ; voilà sa toile ourdie ;
   Voilà des moucherons de pris.
   Une servante vient balayer tout l’ouvrage.
   Autre toile tissue ; autre coup de balai :
   Le pauvre Bestion tous les jours déménage.
   Enfin après un vain essai,
   Il va trouver la Goutte. Elle était en campagne,
    Plus malheureuse mille fois
   Que la plus malheureuse Aragne.
   Son hôte la menait tantôt fendre du bois,
   Tantôt fouir, houer. Goutte bien tracassée
   Est, dit-on, à demi pansée.
   Oh ! je ne saurais plus, dit-elle, y résister :
   Changeons, ma sœur l’Aragne. Et l’autre d’écouter.
   Elle la prend au mot, se glisse en la cabane :
   Point de coup de balai qui l’oblige à changer.
   La Goutte d’autre part, va tout droit se loger
   Chez un Prélat qu’elle condamne
   A jamais du lit ne bouger.
   Cataplasmes, Dieu sait. Les gens n’ont point de honte
   De faire aller le mal toujours de pis en pis.
   L’une et l’autre trouva de la sorte son conte ;
   Et fit très sagement de changer de logis.
   Je me suis proposé d’en faire vos retraites.
   Tenez donc ; voici deux bûchettes :
   Accommodez-vous, ou tirez.
   Il n’est rien, dit l’Aragne, aux cases qui me plaise.
   L’autre, tout au rebours, voyant les palais pleins
   De ces gens nommés Médecins,
   Ne crut pas y pouvoir demeurer à son aise.
   Elle prend l’autre lot, y plante le piquet,
   S’étend à son plaisir sur l’orteil d’un pauvre homme,
   Disant : Je ne crois pas qu’en ce poste je chomme,
   Ni que d’en déloger et faire mon paquet
   Jamais Hippocrate me somme.
   L’Aragne cependant se campe en un lambris,
   Comme si de ces lieux elle eût fait bail à vie ;
   Travaille à demeurer ; voilà sa toile ourdie ;
   Voilà des moucherons de pris.
   Une servante vient balayer tout l’ouvrage.
   Autre toile tissue ; autre coup de balai :
   Le pauvre Bestion tous les jours déménage.
   Enfin après un vain essai,
   Il va trouver la Goutte. Elle était en campagne,
   Plus malheureuse mille fois
   Que la plus malheureuse Aragne.
   Son hôte la menait tantôt fendre du bois,
   Tantôt fouir, houer. Goutte bien tracassée
   Est, dit-on, à demi pansée.
   Oh ! je ne saurais plus, dit-elle, y résister :
   Changeons, ma sœur l’Aragne. Et l’autre d’écouter.
   Elle la prend au mot, se glisse en la cabane :
   Point de coup de balai qui l’oblige à changer.
   La Goutte d’autre part, va tout droit se loger
   Chez un Prélat qu’elle condamne
   A jamais du lit ne bouger.
   Cataplasmes, Dieu sait. Les gens n’ont point de honte
   De faire aller le mal toujours de pis en pis.
   L’une et l’autre trouva de la sorte son conte ;
Et fit très sagement de changer de logis.

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Cachan, Stéphane Lojkine
Traitement de l’image : Photographie numérique
    Commande n°     Cliché n°
Localisation de la reproduction : Collection particulière
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 08/10/2002
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
Les notices sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent être reproduites ni faire l’objet de quelque transaction que ce soit sans leur autorisation expresse et écrite.