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La mort de la Marquise (Rétif, Nuits de Paris, 1788, t. VII) - Sergent
La mort de la Marquise (Rétif, Nuits de Paris, 1788, t. VII) - Sergent Auteur : Sergent, Antoine François (1751-1847)

Cette notice fait partie d’une série : Rétif de la Bretonne, Les Nuits de Paris, 7 vol. in-12°, Londres, 1788-9 (pièce ou n° 15 / 18)

Datation : entre 1788 et 1789

Source textuelle : Rétif de la Bretonne, Les Nuits de Paris (1788-9)

Sujet de l’image : Fiction, 18e siècle

Objet indexé dans l’image : Lit de mort

Nature de l’image : Gravure sur cuivre
Dimensions :  Hauteur 12,8 * Largeur 8 cm

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve, 8-Z LE SENNE-5618 (14)
Notice n° A5767   (n°1 sur 1) 
Comparaison avec d’autres notices : Climal absous de ses fautes (Vie de Marianne, Néaulme 1736-42, fig5) - Schley // Clarisse sur son lit de mort (Clarisse, Nourse 1751, fig20) - Pasquier // La prière de Julie (La Nouvelle Héloïse, 1782, fig. 12) - Chodowiecki // Mort de la mère Moni (Diderot, La Religieuse, 1804 fig2) - Le Barbier

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
2. Tome VII. Planche après page de titre de la quatorzième partie, relative à la Nuit III-ÇLXXVII (377), p. 3233, « Perte irreparable ».
[Dans Res p-Y2-229(5), la gravure est montée recto page de gauche, derrière la gravure n°16.]
Au verso de la page de titre de la 14e partie, on peut lire, face à la gravure :
« [Filet]
Sujet de la FIGURE de la XIV.me Partie.
[Filet]
Le Spectateur-nocturne arrivant auprés du lit de la Marquise expirante, ét soutenue par Zefirette : Elle lui dit : “Je ressens quelque consolation de vous revoir” ! »
[Filet. Puis vient le sujet de la 16e gravure. La 2e ligne, qui contient les paroles du Spectateur, est en tous petits caractères. Il a fallu serrer pour intégrer 2 lignes qui visiblement n’étaient pas originellement prévues.]
Le Spectateur presentant à FANNY Marion R* :
“Soyez sa protectrice, Femme digne de tous les hommages” !
[Filet]
Voici la dernière partie d’un grand Ouvrage, où je n’ai suivi pour guide que la verité. Je déclare, en finissant, que peu m’importe l’improbation des Sots ét des Malveuillans : L’Ouvrage est imprimé à mes frais ; ét quoiqu’il me coûte chèr, il ne me coûtera pas les desagremens que j’essuie, pour deux Ouvrages, dont l’un est à sa 4, l’autre à sa 3 édition. Croirait-on qu’on m’a reproché, que les reïmpressions absorbaient le profit ? Oui, cette absurdité est échappée ! C’est ici une des singularités qui n’arrivent qu’à moi ! Mais elle n’est pas la seule : J’ai vu refuser un de mes Ouvrages d’un debit assuré, dans la maligne espérance de le faire tomber, si je l’imprimais moi-même !
A toutes ces peines, depuis que j’ai perdu la Marquise,… il s’en joint de domestiques. Un Scelerat me poursuit, couvre ma Famille de boue, soutenu je ne sais par quî, mais certainement par un Malhonnête-homme. Un Ami a, sans me consulter, publié deux Ouvrages, où ce Monstre est peint ; surtout dans le dernier, où l’horrible verité presentée toute-nue, fera fremir !… Mais j’en ai retrouvé une 3.me ; Mechans ét Sots, fremissez !… J’aime mon Pays, mon Roi, le Gouvernement monarchique, le plûs parfait de tous ! Je respecte, j’honore, je cheris les Magistrats defenseurs de l’Opprimé : Je deteste l’anarchie, l’insubordination : Je maudis les Insubordonnés ; je les devoue à la vengeance des loix !… Adieu. »

Analyse de l’image :
     « III-ÇLXXVII NUIT.
   PERTE IRREPARABLE
   Depuis quelques jours, la Marquise était indisposée : Mais nous n’avions aucune inquietude. A l’heure de ma sortie, je vis arriver Du-Hameauneuf, l’air triste, abattu. En m’abordant, il me serra la main, ét soupira. — Mon Ami ! (lui dis-je), est-il arrivé quelque malheur ches vous, ét devons-nous être semblables en toutes choses ? — Infortunés que nous sommes ! (me repond t-il) :… Il faut vous prevenir : Vous seriez saisi… Elle se meurt ! — Qui ? Qui se meurt ! — Cette Femme adorée… — Votre Epouse ? — La Marquise. — La Marquise -!… Et je tombai… Quel coup terrible ! Il ébranla ma raison !… Je perdais une Amie, une Protectrice ; l’Être auquel il était essenciel pour moi de ne pas survivre !… Je demeurai dans l’aneantissement !… Du-Hameauneuf me parlait, me secourait. Je ne l’entendais pas, je ne le voyais pas !… Ce oment cruel était imprébu ! J’y avais quelque fois pensé, en fremissant ! mais je ne l’attendais pas, quand il venait m’accâbler !… Tout-à-coup, je me ranime ; je me lève : — Courons ! courons, mon Ami ! dis-je à Du-Hameauneuf ! Nous partimes.
    Arrivés à la porte de Mad. De-M…, je fais le signal. La Femmedechambre ét Zefirette en-larmes, suivies des D.lles Demerup, viennent audevant de nous… — Elle vous demande ! Entrez -!… Je fus introduit auprès de son lit : Elle était pâle ; ses belles couleurs étaient remplacées par une lividité mortelle ! — Mon Ami… me dit cette Femme adorée, mettez-vous-là !… Je ressens quelque consolation de vous voir encore !… Je vais cesser de vivre !… Hâ ! je vous regrette,… ét toutes ces chères Creatures, que vous m’avez données ! Cétaient mes Enfans -! … Elle ne put en dire davantage : son visage se contracta : Il cessa d’être beau ! EMILIE DE G** ne pouvait cesser d’être belle, sans cesser d evivre…… Zefirette qui l’avait soutenue, tandis qu’elle me parlait, poussa un cri perçant ! Elise, Félicité, toutes les Autres furent au desespoir ! Du-Hameauneuf éploré levait les ieux au ciel !… Et moi, pour la seconde-fois en ma vie, je me vis privé de l’âme de mon âme !… Je ne tenterai pas d’exprimer une douleur inexprimable !… O Femmes ! je ne fus jamais rien que par vous !…… Dès que la Marquise ne fut plus, je retombai dans mon neant ! Je n’eus plus ni credit, ni pouvoir, ni valeur ! Hé ! dans quel temps l’ai-je perdue ! Au moment où sa haute consideration m’était necessaire, contre le plûs vil des Hommes !…
    La douleur me suffoquait… Il falait avertir le jeune Marquis ét la jeune Marquise ; ét du moment qu’ils seraient entrés, nous n’étions plus rien !… De ce moment, nous en devions plus revoir la Marquise, que nous aurions voulu pouvoir rappeler à la vie, en lui doñant de nos jours ! L’hotel alait nous être fermé pour-jamais !… La petite Société se livrait au desepoir ! surtout Zefirette… Je fis différer d’instruire les Enfans : Nous restâmes auprès de la Marquise, tâchant de la ranimer… Hélas ! ce fut envain ! le coup mortel était frappé !…… Neanmoins, comme c’était un coup-de-sang, nous attendimes, en prodiguant tous les secours. Un moment, un seul moment fit briller un rayon d’esperance, pour la perdre à-jamais. Il était 6 heures du matin, lorsque nous vimes un mouvement. Nous tressaillimes tous, ét nous poussames un cri, à-l’exception de Zefirette, qui venait de s’évanouir, ét qui avait laissé retombe rla Marquise, qu’elle soutenait…… Le bruit qui s’était répandu dans la maison, que Mad. De-M… respirait encore, m’enhardit à differer d’avertir, ét ce ne fut qu’à 7 heures-du-soir que j’envoyai chés le marquis : Je voulais prolõger ainsi presque du double l’intervale entre la mort ét la sepulture… Le Marquis ét la jeune Marquise arrivèrent à 8 heures. »


Sujet de recherche : F. Tsang-Kwock, Les Nuits de Paris de Rétif, texte et illustration
Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France
Traitement de l’image : Image Web
Photographie sur papier    Commande n° DEV-0801-000398 du 10/04/20
Localisation de la reproduction : http://gallica.bnf.fr
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 19/05/2008
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 22/02/2017
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