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Ixion trompé par Junon - d’après Francesco Salviati
Ixion trompé par Junon - d’après Francesco Salviati Auteur : Salviati, Francesco de Rossi, dit Cecchino (1510-1563)

Datation : entre 1550 et 1560   (date conjecturale)

Sujet de l’image : Sujet mythologique. Ixion

Nature de l’image : Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Dimensions :  Hauteur 28,8 * Largeur 17,8 cm

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Cabinet des Estampes , Inventaire Eb.6b.rés.fol. (C. 3285)

Bibliographie : C. Monbeig Gogel, F. Salviati ou la Bella maniera, RMN, 1998, n° 77, p. 212
Notice n° A8961   (n°1 sur 1) 
1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
1. Sous la gravure, on peut lire les deux quatrains suivants :
Nubiloso pensier arse Ixione / Une pensée nébuleuse enflamma Ixion
E in una nube spense quel pensero / Et dans une nuée il répandit ce songe
Che credendo goder la sua Giunone / Si bien que croyant jouir de sa Junon
Abraccio l’ombre de l’amato vero / Il embrasse l’ombre de ce qu’il aime vraiment
O’che felice e lieta visione / O quelle heureuse et joyeuse vision
S’andar potea di tant’Amor altero / Si l’on pouvait s’enorgueillir d’un tel Amour
Senza sparger quel seme onde le torme / Sans répandre cette semence d’où les monstres
Nacquer di sí diverse e strane forme. / Naquirent de si diverses et étranges formes.
2. Le dessin préparatoire de Salviati, exécuté à la sanguine vers 1548-1550 (25,3x17,3 cm), est conservé à Santa Barbara, university art museum, collection Feitelson.

Analyse de l’image :
     En bas à droite, l’auteur des deux quatrains est agenouillé, les bras levés. Le poème délivre le contenu de sa prière. Le premier quatrain évoque l’union d’Ixion, élevé par Zeus au rang d’échanson des dieux, avec Junon dont il est tombé éperdument amoureux.
   Mais cette union est un leurre : il n’étreint qu’une Junon de nuée, une Junon fictive.
   Dans le mythe grec, c’est Jupiter et Junon qui préparent cette fausse Junon, pour prendre au piège Ixion, fournir la preuve de sa trahison, et le précipiter aux Enfers. En haut à droite, c’est bien Junon, identifiable au paon à ses pieds, qui fabrique son sosie nébuleux.
   Mais le poème suggère autre chose : Ixion y devient la métaphore de l’amant malheureux, qui faute d’embrasser l’objet de son désir, se nourrit de songes. Le poète qui prononce les vers serait prêt à se contenter de cette satisfaction nébuleuse, virtuelle, de cet amour en rêve, si le rêve n’enfantait pas lui-même toute une série de monstres. Cet enfantement et ces monstres font allusion au fait que dans le mythe Ixion a engendré, par son accouplement avec la fausse Junon nébuleuse, des enfants monstrueux : les Centaures, mi-hommes mi chevaux, qui entreront en guerre contre les Lapithes, dont Ixion était primitivement le roi.
   Sur l’image, les retombées monstrueuses de cette union en rêve sont représentées par le paysage de ruines où l’on distingue, à gauche une statue de faune renversée, une autre de lion, à droite un satyre à califourchon sur un tronc d’arbre déraciné.
   La prière du poète et la représentation de son songe prennent tout leur sens si on les met en relation avec l’homosexualité de Salviati : le rêve est un rêve de coitus a tergo, et la Junon musculeuse qu’étreint Ixion contraste avec les formes beaucoup plus féminines façonnées, en haut à gauche, par Junon.

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France, Cabinet des Estampes
Traitement de l’image : Scanner
Localisation de la reproduction : Collection particulière (Cachan)
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 19/09/2011
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
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