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Génies. Sadak et Kalasrade (Cabinet des fées, t30, 1785) - Marillier
Génies. Sadak et Kalasrade (Cabinet des fées, t30, 1785) - Marillier Auteur : Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)
Œuvre signée.
Graveur : De Ghendt, Emmanuel Jean Népomucène (1738-1815)

Cette notice fait partie d’une série : Chevalier de Mayer, Cabinet des fées, ou coll. choisie des contes de fées…, 1785 (pièce ou n° 42 / 50)

Datation : 1785

Source textuelle : [Ridley,] The Tales of the Genii (1764, tr. fr. 1766) Conte neuvième. Suite du Conte de Sadak & de Kalasrade.

Sujet de l’image : Fiction, 18e siècle

Nature de l’image : Gravure sur cuivre

Lieu de conservation : Madison Wisconsin, Memorial Library, PZ24C3 (30)
Notice n° B6193   (n°19 sur 24)  Notice précédente  Notice suivante  Toutes les notices 
Comparaison avec d’autres notices : Contes des génies. Sadak (Dessins pour le Cabinet des Fées) - Marillier // Doubor conduit Sadak à Kalasrade (Les Contes des génies, t. 3, 1782) // Sadak remet à Amurath l’eau d’oubli (Genii, Novelist’s Mag, 1780) - Stothard // Kalasrade in the Seraglio of Amurath (The Tales of the Genii, 1764) - Walker // 1001 quarts d’heure. Schems-Eddin (Cabinet des fées, t21, 1785) - Marillier

1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
Mentions sur la page en dehors de l’image.
1. En haut à gauche « Contes des Genies », à droite « Tom. 30. pag. 191. »
Légende dans le cartouche : « Que le son de la voix du malheureux Sadah | ne te reveille pas du sommeil des justes. »
Signé sous le cartouche à gauche « C. p. Marillier inv. », à droite « E. De Ghendt. Sculp. »
Gravure insérée après la p. 204, la citation débute à la 12e ligne à partir du bas : le texte porte Sadak et non Sadah, et point au lieu de pas. « Que le son de la voix du malheureux Sadak ne te reveille point du sommeil des justes. »

Analyse de l’image :
    Conte neuvième. Suite du Conte de Sadak & de Kalasrade (p. 163)
    Le sultan Amurath tient emprisonnée dans son sérail la belle Kalasrade (voir la gravure des Contes des Génies de 1766 et celle du Novelist’s Mag). Kalasrade, sur le conseil du chef des eunuques Doubor, lui demande, avant de répondre à ses désirs, qu’il lui apporte de l’eau de la fontaine d’Oubli. C’est évidemment mission impossible. Amurath fait chercher le vieux Sadak, retiré dans son village depuis sa disgrâce et le contraint à s’engager publiquement et solennellement à aller chercher cette eau.
    Doubor, fait savoir à Sadak que Kalasrade est enfermée dans le sérail et lui ménage une entrevue. Il attend Sadak dans un bosquet, lui donne des vêtements de muet et le conduit à la porte des appartements de Kalasrade. Mais là il aperçoit les pantoufles d’Amurath : le sultan est là ! Sadak craint le pire et gémit : Doubor le couvre de ses vêtements. Amurath entend les gémissements, sort. Doubor prétend qu’il s’agit d’un esclave malade. Amurath dépité des refus de Kalasrade s’en va, et Doubor avec Sadak dont il dissimule le visage entrent chez Kalasrade. (Les retrouvailles de Sadak et de Kalasrade, p. 185, sont illustrées dans la traduction française de 1766 et la contrefaçon de 1782.) La jeune femme apprend à Sadak le marché qu’elle a conclu avec Amurath : elle ne sera à lui que s’il lui apporte l’eau de la fontaine d’Oubli que Sadak précisément doit aller chercher ! Tous deux se serrent l’un contre l’autre sans pouvoir se résoudre à se quitter (p. 195). Le jour vient, Doubor s’en va, l’oiseau d’Adiram, leur génie protecteur, vient leur reprocher de précipiter la perte du chef des eunuques qui les a pourtant tant aidés. Mais déjà on vient.
    Sadak est arrêté on lui met les fers. Le sultan arrive (à droite sur la gravure) et remercie Doubor (à gauche d’Amurath) de son zèle : aurait-il trahi Sadak et Kalasrade ?
   
    « Kalasrade s’évanouit entre les mains des eunuques. Ses yeux égarés annonçoient l’état affreux de son ame. Ses lèvres étoient empreintes d’une pâleur livide.
    Amurath craigant qu’elle n’expirât dans cet état de défaillance, ordonna vivement aux gardes de suspendre l’exécution du coupable [= Sadak] ; puis se tournant vers Doubor, il lui dit :
    Doubor, elle expire ! hate-toi de la secourir. J’en jure par Athman, si elle meurt, vous périrez tous”.
    Doubor & ses eunuques s’empressoient autour de Kalasrade pour la faire revenir. Tout étoit inutile ; déjà elle sembloit glacée par le froid de la mort. Le tyran, au désespoir, eu recours à Sadak ; il le fit relâcher, & lui dit de rappeler Kalasrade à la vie.
    Dès que les gardes lui eurent ôté les liens de fer dont il étoir chargé, il se jeta sur le corps expirant de sa chère Kalasrade.
    “Kalasrade, s’écria l’intrépide Sadak, j’envie ton sort. Le prophète des croyans t’a délivrée de la tyrannie d’Amurath. Non, Sadak, n’arrêtera point dans cette prison de chair ton ame pure qui s’envole vers un lieu plus fortuné. Poursuis ta course glorieuse, esprit divin, va offrir ton innocence & ta vertu au pied du trône d’Alla. Que le son de la voix du malheureux Sadak ne te réveille point du sommeil des justes.” »
   
    Sur la gravure, Sadak délié de ses chaînes se penche sur Kalasrade évanouie. Au fond à gauche les esclaves tiennent les chaînes de Sadak. A droite, le sultan Amurath parle à Doubor, le chef des eunuques.
   
   La suite de l’histoire :
    Amurath feint de grâcier Sadak et Kalasrade, mais ordonne secrètement à Doubor d’éliminer Sadak. Puis il se ravise : Sadak lui est nécessaire pour ramener les eaux de la fontaine d’Oubli. Doubor persuade Sadak de mettre la voile et d’aller chercher cette eau comme il l’a promis à Amurath. Sadak part avec deux de ses fils et essuie une terrible tempête ; pendant ce temps, Amurath presse Kalasrade de ses assiduités. Il fait enlever cinq des enfants de Sadak et de Kalasrade et après avoir laissé la petite Rachal embrasser sa mère, il ordonne de l’arracher de ses bras et de l’immoler. Il se ravise ensuite et la fait défigurer par ses eunuques. Les violences s’enchaînent, suscitant la révolte des janissaires, qui demandent le retour de Sadak. Amurath s’enfuit, emmenant avec lui Kalasrade et sa fille Rachal. Les janissaires assiègent le château où Amurath s’est réfugié. Mais la discorde divise les insurgés. Les janissaires livrent leur chef au sultan en échange de son pardon. Amurath accepte, mais fait exécuter tous les chefs de la révolte.
    Pendant ce temps Sadak, qui a perdu un de ses fils dans la tempête, parvient avec son fils Ahud à l’île de la fontaine d’Oubli, qui est une vraie forteresse de rochers. Ahud disparaît dans un gouffre marin en essayant de trouver un passage vers le centre de l’île. Sadak, lui, réussit à passer, avec l’aide de son génie Adiram qui lui révèle que la fontaine se trouve dans le cœur du volcan au centre de l’île. Sadak arrive à la fontaine d’Oubli, une nymphe lui propose de boire. Il refuse, car cette eau n’est pas pour lui mais pour le sultan, et triomphe ainsi de la dernière épreuve. La nymphe lui donne la tasse d’or remplie d’eau d’oubli, l’île disparaît et il se retrouve devant le palais d’Amurath, qui le fait arrêter, s’empare de la tasse, boit et meurt. Kalasrade accourt, Sadak la reçoit avec froideur car Amurath l’a persuadé qu’elle avait cédé au sultan. Kalasrade s’évanouit dans ses bras puis se retire dans ses appartements. (CDF p. 291)
    Doubor, qu’Amurath avait éloigné du palais, revient sur ses entrefaites, conjure Sadak de retourner auprès de Kalasrade, qui ne peut lui avoir été infidèle. Mais Kalasrade semble prise de délire : elle les reçoit avec mépris et proteste de sa fidélité à Amurath. Le génie Adiram apparaît alors et révèle que cette Kalasrade n’est pas la vraie, mais Zurac, une femme du sérail : que cette femme rende l’anneau enchanté qu’Adiram avait confié à Doubor pour garantir la vraie Kalasrade des ardeurs du sultan ! L’anneau a donné à Zurac l’apparence de Kalasrade.
    Sadak peut donc rejoindre la vraie Kalasrade et embrasser ses enfants, qui n’ont pas été réellement exécutés.

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Cachan, Stéphane Lojkine
Traitement de l’image : Photographie numérique
Localisation de la reproduction :
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 11/02/2019
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 05/02/2020
Les notices sont la propriété de leurs auteurs et ne peuvent être reproduites ni faire l’objet de quelque transaction que ce soit sans leur autorisation expresse et écrite.