Utpictura18

Couverture Diderot et le temps

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Vient de paraître, Diderot et le temps, Presses universitaires de Provence, 324 p.

Dans la même rubrique « dispositif » : Continuum sensible // Coupure sémiotique // Critique de l’antimodernité : Fahrenheit 451 // Discours // Dispositif // Écran // Embrayeur visuel // Espace restreint // Espace vague // Face à face agonistique // Fiction // Flan de la théorie, théorie du flan // Géométral // Instant prégnant // Intersecteur // L’invention du dispositif : Surveiller et punir // Objet scénique, chose // Performance // Physique de la fiction // Polemics as a World // Scopique // Sémiologie // Sommaire des textes en ligne

Objet scénique, chose

Stéphane Lojkine

   La chose du conte est un objet scénique avant la lettre. Elle tire son origine des objets merveilleux hérités de la culture orale du moyen âge (anneau, philtre, cor, épée doués de pouvoirs surnaturels) : ces objets, dans les romans de Chrétien de Troyes, perdent leur efficacité magique et sont frappés d’indétermination, jusqu’à devenir incompréhensibles (comme le graal). Ils subsistent à l’état de traces d’un monde merveilleux qui s’éloigne de l’espace romanesque.


Lancelot s’éveillant, un chevalier malade guérit devant le graal
Ici, la coupe du graal est un objet clairement identifiable


   La chose, dans un dispositif scénique de cristallisation (qui s’oppose au dispositif d’écran classique et le remplace progressivement) est ce qui, dans la scène, attire l’œil, fixe, concentre l’attention, le désir. Le texte insiste généralement sur l’indétermination de la chose : « une espèce de… », « quelque chose », qu’on ne distingue pas bien, qu’on ne peut pas déchiffrer. Or, dans son indétermination même, qui désigne dans le texte quelque chose de non codé, de non culturel, quelque chose qui a à voir avec le caractère brut ou brutal du réel, la chose est dans la scène ce qui cristallise le sens, c’est-à-dire ce qui ouvre le dispositif scénique à sa dimension symbolique.


Fragonard, La Chose impossible
Le démon de gauche n'étreint que de la lumière : le point focal de la représentation est indéterminé


   On peut mettre en relation la chose, comme degré zéro de l’objet scénique, avec la Chose psychanalytique (Das Ding).

   (Stéphane Lojkine, La Scène de roman, A. Colin, 2001)